D’après Asma Bint Yazid (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui défend l’honneur de son frère alors qu’il est absent, c’est un devoir pour Allah que de l’affranchir du feu ». (Rapporté par Ahmed et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°2847).
Et l’Ecrivain et Philosophe, Georges Herbert propose que « vivre sans amis, c’est mourir sans témoins ». Ne serait-ce que pour ces deux raisons je ne laisserais pas partir sans témoigner par écrit. Puisque les latins disent « Verba volent, scripta manent, », ce qui signifie en français facile, « les paroles s’envolent, les écrits restent » ». Pour l’éternité.
Mon frère Nakata, tu as été ami d’enfance du président Baré depuis le début des années 60 et devenu un frère par la force des choses. Après de vie commune, de solidarité et de complicités, l’ami ne disparait-il pour devenir un frère, surtout lorsque l’on partage le même sang ? Ce jeudi 21 août 2025, des centaines de parents, amis et connaissances, témoins de ton existence ont afflué, pour t’accompagner à ta dernière demeure. Il est incontestable que tu as marqué d’une empreinte indélébile l’histoire diplomatique de notre jeune Nation en compagnie d’un président de la République aussi intraitable et téméraire que toi quand il s’était agi d’affirmer et de défendre la souveraineté de notre pays. Cette détermination a été traduite par deux visites officielles à Tripoli, une à Cuba (excusez du peu), et enfin la visite officielle de l’usine pharmaceutique d’Al Shiffa du Soudan bombardée en 1998 par les USA par l’opération Infinite Reach, nom de code d’une campagne de bombardements américaines. Toutes ces destinations étaient sous embargo américain et/ou Onusien. Tu as effectué ces missions suicidaires en compagnie de ton ami d’enfance de 30ans, de ton frère de sang qui t’a fortement négocié dès son accession au pouvoir en janvier 1996 pour être à ses côtés comme Directeur Général du Protocole d’État. Que seraient devenus tous les sacrifices consentis par toi et ton frère Ibrahim Baré, si les évènements intervenus le 26 juillet 2023 n’ont pas concrétisé la souveraineté de notre pays ? Tu pouvais réclamer un poste ministériel comme certains de ses amis, mais tu as préféré cette « station »; qui te permettais d’être 24h sur 24. 7 jours sur 7 en sa compagnie. En effet je témoigne en tant que témoin privilégié que tu étais le seul de ses amis par ton tempérament, a pouvoir lui dire et lui rappeler, face à la folie douce engendrée par l’exercice du pouvoir suprême (l’hubris), qu’il n’est qu’un mortel. C’est la version nigérienne du « mémento mori » (rappelle-toi que tu n’es qu’un mortel) » susurré à l’oreille de l’Empereur Jules César, concoctée par le Président Baré. Je me rappellerai toujours de tes interminables récits sur votre périple suicidaire mémorable à Cuba du mois de mars 1999 où l‘avion présidentiel Mont Baghazane a failli être pulvérisé à l’aller comme au retour de Cuba. Tu étais parfaitement au courant du danger puisque le chef de l’antenne locale de la CIA m’a bien chargé d’alerter ton ami président qui t’a mis dans la confidence. Ta disponibilité, ta générosité, ta convivialité, ton souci de la rigueur et de la ponctualité n’ont pas échappé à ton ami et frère de de 30 ans. Normal ! Tu es un descendant comme lui, de Akazama Ari fondateur de l’Aréwa et de surcroît du sous-groupe des Bilawas comme ton ami et descendant par ta génitrice de la prestigieuse tribu IMOUZOURAG. On peut tout dire sauf que tu n’étais pas armé pour affronter la vie et ses impondérables …..Comme le dit un célèbre adage, « Bon sang ne saurait mentir ». L’autre adage dit tout aussi bien que « pour savoir où ll’on va, il faut savoir d‘où l’on vient. Nous nous savons qui tu étais. Rien n’a été fait au hasard. Le General Salou Djibo (100% d’accord avec lui !) a bien dit « qui nomme quelqu’un qu’il ne connait pas ».
Ce jeudi, jour de ton inhumation, disais-je, tes parents amis et connaissances de tes terroirs de Doutchi, Matankari, de Tanout et ceux de Niamey qui t’ont vu évoluer et prospé7rer étaient massivement représentés. Le General Salou Djibo (qu’il soit béni !) Docteur Hamid Algabid, ton compagnon politique, le voisin de quartier, Seyni Oumarou, PHD Mamoudou Djibo étaient tous de la partie. Tin petit frère, ton compagnon et complice Hama Amadou Telecom était omnipresent. Tu nous as quittés et nous étions parfaitement avertis par toutes les alertes que tu nous as donné. Les militants de ton parti l’ex RDP Jama’a dont tu étais un éminent membre fondateur et coordinateur de la Communauté Urbaine de Niamey, étaient présents à ton domicile.
Ainsi, pour paraphraser le Communicant Domingo Mane « tu es parti sans même te retourner… Avais-tu vraiment le choix ? Pouvais-tu transgresser les règles du jeu, là où la Meilleure des créatures (PSL) n’a opposé aucune objection à l’appel de la Miséricorde ». Tu es donc parti dans la dignité. Quand je t’ai vu allongé lors de ma dernière visite à ton domicile la fin du mois dernier, j’ai compris que tu attendais « La Grande Faucheuse »; de pied ferme. Puisque qui peut lui échapper ? Pour finir, permets-moi de rappeler à nous autres sursitaires les mots irremplaçables de Stendhal : « la mort, puisqu’on ne peut l’éviter, oublions-la !».
Notre chance à nous tous c’est que tu savais bien avant Léopold Sédar Senghor, que « pour être immortel, il suffit de se marier et faire des enfants ». Les six (6) bouts de bois de Dieu qui te représentent désormais sur terre signent ton immortalité. Nos prières constitueront les seules nourritures dont ton âme aurait désormais besoin pour son repos éternel au Firdaaous !
En cette douloureuse circonstance, permet d’avoir une pensée triste pour tes amis, vos amis communs qui vous ont précédés dans l’au-delà à savoir Arifa Mai Moussa, Boubacar Saidou dut Boubé Chaps, Allassane Alou dit Tiémogo, Tchountchou, Ali Sahad parti le 9 avril 1999 en même temps que ton frère et ami Ibrahim. Que leur âme repose en paix ! Aux sursitaires de votre groupe d’amis que sont Moussa Mamadou, ton complice, Abdoua Kabo, Hama Amadou ALginy, Hama Maliki Gariko, je souhaite du courage et une longue vie. J’ai aperçu Abdoua Kabo mais Moussa Mamoudou n’a pas pu faire le déplacement.
Je ne peux manquer de présenter mes condoléances les plus attristées à tes enfants, mes neveux et nièces Balkissa, Marie, Idrissa, Khadidja, Hassane et Ousseini Sans oublier tes frères et sœurs Mamane, Souleymane, Ibrahim, Issa Ousmane, Oumarou, Haoua, Saddi. Qu’ils sachent que pour avoir honoré notre frère ibrahim, ton frère et ami, avec tous les sacrifices imaginables et sans calcul aucun, nous constituons une même et unique famille. Ma grande sœur Fati Abdou, mère d’une partie de tes enfants, mérite des condoléances particulières. Les unes et les autres doivent se convaincre que, jusqu’à ce que la natte de la terre soit pliée, la première richesse d’un être humain sera toujours son patrimoine immatériel à savoir ses parents, ses amis et ses connaissances. Ce que j’ai retenu c’est que Souleymane Barmou, le désormais patriarche de la famille a assuré les cérémonies de « ton départ » et saura perpétuer les liens précieux tissés entre nos familles. Tu peux donc te reposer en paix.
Repose en paix, grand-frère Nakara, vrai lion de l’Aréwa (se contente du strict nécessaire) dont je serais toujours fier. Ta mission a été parfaitement rempli sur terre.
A Niamey, le 25 aout 2025
Ton petit-frère et confident, Djibril Baré
Article publié le jeudi 28 août 2025
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