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Quand Israël jette les Emirats de Ben Zayed dans les bras de l’extrême-droite française

De Paris, Saliha Fayez – La rencontre entre Jordan Bardella et des responsables émiratis au Parlement européen n’a rien d’anodin. Dans un message publié sur X, le président du Rassemblement national s’est félicité d’échanges «francs et approfondis» avec Saqr Ghobash, président du Conseil national fédéral des Emirats arabes unis, autour de sujets hautement sensibles : crise iranienne, coopération militaire, lutte contre «l’entrisme islamiste», avenir de l’OPEP et relations commerciales.


Au-delà de la communication diplomatique classique, cette rencontre illustre un repositionnement des Emirats arabes unis sous l’impulsion de Tel-Aviv. Longtemps présentés comme un partenaire incontournable des puissances occidentales dans le Golfe, les Emirats sont aujourd’hui plus isolés que jamais dans leur environnement régional. Le refroidissement des relations avec plusieurs capitales arabes, les tensions persistantes autour de l’Iran et les recompositions géopolitiques accélérées par la normalisation avec l’entité sioniste poussent Abou Dhabi à rechercher de nouveaux relais politiques tout aussi infréquentables en France.


Dans ce contexte, le rapprochement avec l’extrême-droite de Marine Le Pen semble répondre à une logique précise. Le discours xénophobe, islamophobe et raciste porté par le Rassemblement national converge de plus en plus avec les priorités idéologiques des dirigeants émiratis.


Cette évolution nourrit également les spéculations sur l’influence croissante d’Israël dans les orientations diplomatiques de Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane. Depuis la normalisation des relations entre les deux pays en 2020, les liens sécuritaires, économiques et stratégiques se sont considérablement renforcés. Tous les analystes s’accordent à dire qu’Abou Dhabi s’éloigne progressivement des équilibres historiques du monde arabe pour s’inscrire dans un nouvel axe régional davantage aligné sur les intérêts israéliens et occidentaux.


Les références faites par Jordan Bardella à «l’avenir de l’OPEP» ont ainsi suscité des interrogations. Plusieurs observateurs du Golfe évoquent l’hypothèse d’une prise de distance progressive des Emirats vis-à-vis des structures régionales traditionnelles, qu’il s’agisse de l’OPEP, de la Ligue arabe ou même du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dans une seconde phase.


Reste que cette rencontre au Parlement européen révèle une tendance lourde. En effet, les Emirats cherchent manifestement de nouveaux partenaires, auprès desquels cet Etat nain artificiellement gonflé par les médias, cherche une protection après avoir constaté l’obsolescence du parapluie américain. Le choix de dialoguer ouvertement avec l’extrême-droite française témoigne d’un changement profond dans les alliances et les priorités diplomatiques du pouvoir émirati, qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule pour afficher ses ambitions géopolitiques tournées vers les partis fascistes, que ce soit en Israël, en France ou ailleurs.


S. F.


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Article publié le dimanche 24 mai 2026
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