Inflation des partis politiques au Burkina
mercredi 12 octobre 2011, par Bendré
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Les mots d’un signe extérieur de contradictions mal gérées
Le paysage politique burkinabé brille par la multiplication de ses partis. A cette période de rentrée politique déjà, trois nouveaux partis politiques ont vu le jour. Cela a porté le nombre de partis à 163. Le Burkina Faso a désormais 163 partis pour 16 751 455 habitants. Un petit calcul donne un parti politique pour 102 770 habitants. Il se pourrait que d’ici les élections de 2012, le ratio soit « amélioré ». Les Burkinabé sont partagés quant à l’appréciation à donner à cette passion pour les hommes politiques ou supposés tels de se créer des partis.
« La prolifération des partis politiques au Burkina Faso, est vraiment d’actualité, et elle peut être appréciée sous deux angles. Le premier angle, c’est celui de la liberté d’association qui est reconnue par la loi et le deuxième angle se résoud à la question comment apprécier autant de partis politiques pour une population électorale au nombre x. Si tant est, on ne peut pas empêcher un individu, une ou des groupes d’individus de créer une association ou un parti politique. Mais sur le plan politique, la politique étant une science sociale, ces partis doivent travailler à montrer un idéal. Mais est-ce que 163 partis supposés constituent 163 façons d’imaginer le développement du Burkina Faso ? » Parole d’un citoyen !
Un autre dit une autre chose : « Certains partis se créent juste pour obtenir la subvention de l’Etat. Il y a des partis politiques qui n’arrivent pas à avoir des instances et si vous les convoquez, vous n’aurez pas plus que les membres du bureau. Ce sont les mêmes personnes, la même famille, et ne peuvent même être représentés dans cinq communes et ils se disent partis politiques. Quand les subventions viennent, ils bombent leurs poitrines et se vantent d’être des partis politiques. Derrière eux, il n’y rien ni personne et ça n’avance en rien la démocratie burkinabé ».
Les Burkinabé ont beau gesticulé sur le nombre des partis, maman politique continue d’enfanter ses enfants. Dans ce pays nommé Burkina Faso, les années passent et peu de choses changent dans le milieu politique. Comparaison n’est pas raison mais le Burkina construit son empire démocratique comme aucun autre ne l’a fait. La France qui a inspiré notre démocratie ne compte que 39 partis politiques selon le site « politique France » au 12 septembre dernier. De 1945 à nos jours, elle n’eut que 54 partis politiques.
Le Burkina Faso quant à lui, a passé de 129 en 2007 à 163 en 2011.
Mais enfin faut-il en vouloir à nos partis politiques ?
Bon nombre de partis politiques ont du mal à accepter la démocratie en leur sein. Le cas de l’article 37 est patent. Les acteurs de certains partis politiques ne sont pas unanimes au sein d’un même parti politique. Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) ne dirait pas le contraire, puisque la volonté de modifier cet article ne rencontre pas l’unanimité des militants. Dans les coulisses, de grands CDPistes reconnaissent ne pas accepter qu’un individu exerce « éternellement » le pouvoir. Malheureusement, ils ne peuvent dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas ! Et les conflits de leadership !
L’une et l’autre raison a favorisé le déchirement des partis politiques. La naissance de nouveaux partis politiques de toutes les tendances est une autre forme de résistance aux contradictions internes. Bref !!!
Les élections couplées sont pour bientôt. Nombre de partis politiques seront sur le terrain. Ce qui est certain, il y a moins de poste à pourvoir aux élections que de partis politiques. L’assemblée nationale veut ses 111 députés, les communes aussi ne veulent pas plus de 362 maires.
Si les nouveaux ne sont pas sûrs d’avoir des voix proportionnelles à leurs attentes ; les anciens ne sont pas convaincues de faire mieux.
Par Bendré
Article publié le Sunday, October 23, 2011