Niger : Le Ministre du pétrole interpellé à l’Assemblée nationale
Le ministre du pétrole et de l’énergie, M. Foumakoye Gado, a répondu ce dimanche 04 novembre 2012 à l’interpellation des parlementaires nigériens relativement à la commercialisation du pétrole raffiné par la société Soraz et vendu à des prix jugés excessifs par certains consommateurs nigériens.
Depuis quelques semaines, l’actualité au Niger reste dominée par des spéculations et grèves des conducteurs des taxis urbains qui exigent de l’Etat la baisse significative des prix des hydrocarbures. Si l’on en croit certains dignitaires du régime de la 5ème république, déchue le 18 février 2010 à la suite d’un coup d’Etat, les autorités d’antan avaient projeté de vendre les produits raffinés trois fois moins chers sur le marché local sans que la raffinerie ne tombe en faillite. Certains ont même supposé que le litre de l’essence à la pompe peut être vendu à 200 FCFA, parce que simplement c’est un produit national. D’autres ont carrément dit qu’à cette époque (5ème république), en créant cette raffinerie, le président Tandja n’entendait pas chercher des bénéfices à travers l’exploitation du pétrole. Il cherchait seulement à faire plaisir aux nigériens en leur vendant ces produits à des prix dérisoires, a-t-on appris auprès d’un ancien dignitaire du régime. Ainsi c’est pour apporter des éclaircissements sur la commercialisation de ces produits et les structures des prix pratiquées par l’Etat du Niger depuis près d’un an avec l’entrée du Niger dans le cercle restreint des pays producteurs et exportateurs du pétrole le 28 novembre 2011.Dans son intervention, le Ministre Foumakoye a expliqué les raisons qui ont conduit l’Etat à fixer les prix à la pompe de 579 FCFA (pour le litre de l’essence super) et 570 FCFA (pour le litre du gaz oil). Entre autres raisons, il a cité les différentes taxes prises en compte dans la structure des prix et le souci du gouvernement de tirer profit de la vente de ces produits afin de faire face aux besoins sociaux de base, notamment dans le domaine de la santé, de l’éducation, etc. Ces prix initialement fixés connaîtront des baisses significatives à compter de janvier 2013, passant ainsi de 579 FCFA à 5540 FCFA (pour le litre de l’essence, soit une réduction de 39 FCFA) et 556 FCFA (pour le litre de gaz oil, soit une réduction de 34 FCFA). Actuellement l’Etat gagne 114 FCFA de gain sur chaque litre vendu.Ces réductions entraineront à l’Etat une baisse de recettes de l’ordre de 15 milliards de francs CFA, qui auraient dû être utilisés dans la construction des classes et des centres de santé, indique un document du ministère du pétrole. Les différents députés, notamment ceux des groupes parlementaires de la majorité au pouvoir se sont dits éclairés et déploré le déficit de communication de la part du ministère du pétrole dans le cadre de la sensibilisation des consommateurs sur la réalité des prix pratiqués au Niger. C’est ainsi qu’ils ont demandé au ministre de mieux communiquer à l’avenir pour prévenir la désinformation et l’intoxication.Toutefois, les parlementaires proches de l’opposition ont dit ne pas être convaincus des explications fournies par le ministre, car selon eux il est possible de vendre ces produits à moins de 300 FCFA le litre et en même temps gagner des gros bénéfices. Pourtant, la raffinerie du pétrole Soraz a été financée à crédit que l’Etat a emprunté auprès de la banque chinoise Exim Bank. Celle-ci revenait à l’Etat à environ 980 millions dollars US remboursables sur 20 ans avec un différé de cinq ans. Selon plusieurs experts en la matière, une telle raffinerie n’est pas rentable en raison de sa capacité qui est seulement de 20.000 barils par jour. Notons que trois options d’exploitation du pétrole ont été proposées aux autorités de l’époque, dont l’une plus rentable, aurait pu permettre à l’Etat de vendre environ 100.000 barils de brut par jour. Mais les dignitaires du régime avaient opté pour la construction d’une raffinerie qui a une capacité de 20.000 barils pendant qu’à côté de ce choix, il y a l’opportunité d’exploiter 80.000 à 100.000 barils par jour de brut sans trop dépenser d’argent. Voilà les quelques explications qu’a apportées le Ministre Foumakoye face aux questions des députés. Notons que c’est le député Abdou DJariri, du Pnds-tarayya qui est à l’origine de cette interpellation. Selon lui, cette interpellation ne vise ni plus ni moins qu’à permettre aux nigériens de cerner les contours de la commercialisation des hydrocarbures nigériens sur le marché local comme à l’étranger et mettre fin aux spéculations qui courent depuis plusieurs jours.Propriété exclusive de nigerdepeches.com
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