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Entretien avec le pionnier du cinéma d’animation en Afrique- Mustapha Alassane : «Il est impératif que l’Afrique suive le cours de l’évolution»

Entretien avec le pionnier du cinéma d’animation en Afrique- Mustapha Alassane : «Il est impératif que l’Afrique suive le cours de l’évolution»
Meknès,(Etudiantcongolais.com)-La filmographie de Mustapha Alassane, considéré comme le doyen du cinéma d’animation africain, compte aujourd’hui une trentaine de films. Son premier film, «Aouré» (Mariage),court-métrage sur la tradition nuptiale d’un village du Niger,a été récompensé en 1962.

Etudiantcongolais.com: Vous étiez mécanicien avant de vous lancer dans le cinéma. Comment s’est passée la transition?

Mustapha Alassane : En fait, j’étais dans le cinéma bien avant la mécanique que je pratiquais juste par plaisir. Je me suis intéressé au cinéma à l’époque où il était au stade des ombres chinois. Et petit à petit, j’ai véritablement intégré le cinéma. C’est en 1962 que j’ai commencé à faire de l’animation, avant de présenter en 1966 un film au Festival des Arts nègres de Dakar. Et plus tard au Festival de Carthage.

Vos films évoquent des thèmes très variés tels que tradition orale, rites de mariage, arrivisme, pouvoir. Pourquoi ces choix?

Je n’ai pas de thèmes favoris. J’évolue en fonction de mes sentiments et par rapport aux situations que je rencontre dans la société. Un journaliste au comportement étrange peut m’inspirer, par exemple.

En tant qu’ancien directeur de la section cinéma de l’université de Niamey (Niger) pendant 15 ans, pensez-vous que le cinéma d’animation au Niger a évolué?

Le Niger a évolué dans bien des domaines, mais il aurait pu avancer beaucoup plus vite. C’est bien de commencer, mais il faut après avancer. C’est ce qu’on peut reprocher au cinéma d’animation nigérien. Dans ce domaine, on n’a pas suffisamment travaillé.

Et au niveau africain?

Lorsque nous demandions à l’époque de l’aide, personne n’est venu à notre rescousse. Ce n’est pas en 2007 ou 2008 qu’on va démarrer le cinéma. La situation n’est plus pareille. On a perdu beaucoup de temps alors que les choses ont évolué bien. Malgré les nombreuses contraintes, il est impératif que l’Afrique s’agrippe au train et suive le cours de l’évolution. Les choses sont plus faciles aujourd’hui d’autant qu’on peut travailler avec du matériel informatique, numérique et plusieurs supports comme la vidéo. Certes les salles de cinéma ferment les unes après les autres, n’empêche que la pellicule résiste encore, vu le nombre de films réalisés au Niger (entre 1300 et 1500 par an).

Comment voyez-vous alors l’avenir de l’animation en Afrique?

J’ai conscience qu’elle évoluera. Parce qu’elle intéresse des jeunes extrêmement intelligents qui disposent de moyens pour réaliser leurs objectifs. Je ne dis pas que l’animation va se développer, parce que ce sont deux choses différentes.Quand on commence à se développer dans un domaine, on évolue sur les plans économique et matériel.
Mais quand on évolue, on fait de très jolies choses qui ne rapportent pas forcément de l’argent.

Etes-vous satisfait de votre carrière cinématographique?

J’en suis satisfait. Si j’ai participé au FICAM, c’est justement parce que je crois avoir fait de bonnes choses dans ma carrière qui ont attiré l’attention des organisateurs de ce Festival. La séance de travail que j’ai animée avec les enfants le prouve : ils étaient tous contents et je peux dire que cette rencontre les marquera à vie.

Justement quel commentaire faites-vous sur le FICAM qui vous a rendu un hommage cette année?

Les organisateurs de ce Festival font de grandes choses que personne ne saurait réaliser si l’on n’a pas les moyens de sa politique. Ce qui se fait au FICAM est très intéressant dans la mesure où ils savent ce qu’ils veulent. Il faut avoir des objectifs clairs pour réussir un tel événement. Et c’est le cas pour ce Festival que j’encourage.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent s’initier à l’animation cinéphile?

Comme dans la jungle, il faut toujours passer par des chemins plus espacés et éviter ceux qui mènent aux obstacles. S’ils veulent avancer, les jeunes doivent choisir un travail qui rémunère et leur donne la liberté de s’épanouir dans l’animation. Ainsi, i

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