Alerte aux Comores : la pénurie de farine menace les boulangeries, le prix du pain pourrait bientôt flambe
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Après les difficultés d’approvisionnement en carburant, un nouveau produit essentiel vient à manquer aux Comores. Depuis plusieurs jours, la farine se fait de plus en plus rare dans les marchés, les magasins et les boulangeries, faisant craindre une véritable crise de l’approvisionnement.
À Moroni, les professionnels du secteur tirent déjà la sonnette d’alarme. Les réserves diminuent rapidement et plusieurs boulangeries préviennent qu’elles pourraient être contraintes de réduire, voire d’interrompre leur production si aucun réapprovisionnement n’intervient dans les prochains jours.
Au marché de Volo-volo, la situation est déjà visible. La farine est devenue difficile à trouver et certains commerçants auraient profité de cette pénurie pour augmenter les prix. Lorsqu’elle est disponible, le kilogramme atteindrait désormais jusqu’à 750 francs comoriens, une hausse qui risque de peser lourdement sur le budget des ménages.
La boulangerie-pâtisserie Nassib affirme ne disposer que de faibles réserves. « Nous n’avons pas de stock suffisant pour continuer notre activité », confie un responsable, qui espère l’arrivée prochaine d’un bateau afin d’éviter une rupture.
Même inquiétude à la boulangerie de Salimamoud. Son gérant, Mahamoud Soidiki Mahamoud, explique que le retard d’approvisionnement est la principale cause de cette situation. Selon lui, l’afflux de nombreux Comoriens de la diaspora venus célébrer les grands mariages augmente fortement la consommation de farine, aggravant encore davantage les tensions sur les stocks.
À la boulangerie Hawasu, le constat est tout aussi préoccupant. Sa responsable indique que les réserves restantes pourraient être épuisées en seulement deux jours. « Nous utilisons nos stocks et je pense que dans deux jours ça va finir », alerte-t-elle.
À ces difficultés s’ajoute la pénurie persistante de gasoil, qui pourrait compliquer la distribution de la farine même après l’arrivée des prochains stocks.
Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers le port, où l’arrivée annoncée d’un navire est attendue avec impatience. Sans une livraison rapide, les professionnels redoutent une rupture de production qui pourrait entraîner une baisse de la disponibilité du pain et une nouvelle flambée des prix, alors que les ménages comoriens font déjà face à un coût de la vie particulièrement élevé.
Said Hassan Oumouri