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« Le Ghana peut atteindre l’autosuffisance rizicole dans 10 ans », (Eric Opoku, ministre de l’Alimentation)

« Le Ghana peut atteindre l’autosuffisance rizicole dans 10 ans », (Eric Opoku, ministre de l’Alimentation)

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« Le Ghana peut atteindre l’autosuffisance rizicole dans 10 ans », (Eric Opoku, ministre de l’Alimentation)






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- --> Date de création: 03 juin 2026 11:52






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(Agence Ecofin) - Le riz est la seconde céréale la plus importée par le Ghana après le blé. La denrée est l’une des principales priorités pour les politiques publiques.


Au Ghana, l’autosuffisance rizicole peut être une réalité dans 10 ans. C’est ce qu’a estimé Eric Opoku (photo), ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture le mardi 2 juin, en marge du lancement de la Table ronde sur l’investissement rizicole en Afrique de l’Ouest.


Alors que cet évènement régional veut sonner la mobilisation des financements au profit du riz dans les 15 pays membres de la CEDEAO, le responsable a rappelé la situation peu reluisante de la filière ghanéenne.


« Comme vous le savez, le riz est aujourd’hui le deuxième aliment de base le plus consommé au Ghana. La réalité du secteur est parlante : l’an dernier, la consommation nationale a atteint environ 1,7 million de tonnes, tandis que la production locale n’a été que de 908 000 tonnes. Cela laisse un déficit proche de 751 000 tonnes, avec un taux d’autosuffisance d’environ 56 %. Pour couvrir ce manque, le Ghana dépense chaque année près de 320 millions $ en importations de riz. Ce sont des devises et des opportunités qui quittent notre économie pour un produit que nous pouvons produire nous-mêmes », a-t-il regretté.


Et si le potentiel de développement de la filière reste important, les rendements restent encore à la traîne comparativement aux standards mondiaux. « Aujourd’hui, les rendements moyens sont d’environ 3,4 tonnes à l’hectare. Pourtant, les essais menés avec des systèmes de production plus performants montrent qu’il est possible d’atteindre 6,5 tonnes à l’hectare, contre 3,8 tonnes dans les pratiques conventionnelles. Avec de meilleures semences, une bonne gestion de l’eau, la mécanisation et des pratiques agronomiques adaptées, un rendement de 6 tonnes à l’hectare est tout à fait à notre portée, surtout dans les zones irriguées », ajoute-t-il.


Face à cette situation, le dirigeant souligne que des efforts sont en cours pour stimuler une chaîne de valeur qui fait vivre déjà 500 000 personnes, des petits producteurs aux transformateurs, en passant par les commerçants.


« Nous avons lancé une cartographie géospatiale afin d’identifier, de délimiter et de caractériser les terres adaptées à la riziculture sur l’ensemble du territoire. Organisées en clusters de production, ces données permettent de cartographier les parcelles, de classer les zones réellement cultivées en riz, et d’évaluer la disponibilité en eau ainsi que le potentiel d’irrigation. Les premières analyses menées dans les principales régions rizicoles ont identifié environ 515 000 hectares actuellement cultivés en riz, répartis entre zones pluviales de bas-fonds, zones irriguées de bas-fonds et autres aires écologiques de production », a expliqué le responsable.


À ces mesures s’ajoute la mise en place d’un mécanisme de contrôle des achats de riz. Concrètement, les importateurs de riz devront démontrer une collaboration vérifiable avec la filière locale avant que certains avantages liés à l’importation ne soient accordés.


« L’idée n’est pas d’augmenter les droits de douane au détriment des consommateurs ni d’instaurer des interdictions susceptibles de provoquer des pénuries. Il s’agit plutôt de réorienter la valeur existante du commerce du riz vers le renforcement de notre propre capacité productive. Le cadre complet de ce dispositif sera publié et nous associerons l’ensemble des parties prenantes représentées ici à sa mise en œuvre. Nos analyses montrent que le Ghana peut atteindre l’autosuffisance rizicole dans 10 ans. Cette trajectoire permettrait d’économiser environ 2,1 milliards $, de mobiliser plus de 400 millions $ d’investissements privés et de créer plus de 200 000 emplois dans la production, la transformation, la distribution et les services connexes », précise-t-il.


Espoir Olodo, depuis Accra


Édité par Wilfried ASSOGBA




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