Inhabituel ce qui se passe en Europe depuis quelques semaines. Des dirigeants politiques rendent leur tablier sous les coups de boutoir de la crise qui frappe le continent.La crise de la dette dont l’Europe est la victime a forcé Silvio Berlusconi et Papandreou, Premiers ministres italien et grec à la démission. Plus précisément c’est la défiance des « marchés » qui a eu raison des deux hommes. Cette puissance invisible sévit pour la première fois directement sur la sphère politique alors qu'on pensait jusque-là que dans ces contrées, celle-ci était définitivement gouvernée par le suffrage universel. Il n’est d’ailleurs pas innocent que Georges Papandréou avait voulu, dans un dernier geste de survie, recourir au référendum populaire pour valider le plan de sauvetage de la Grèce. Histoire autant de donner la parole au peuple que de tenter une dernière manœuvre politique.Dans un pays comme la France, faute pour l'Europe de monétiser la dette (la Banque centrale européenne refusant de jouer un rôle de prêteur pour les Etats les plus endettés) « les marchés », camouflés sous le manteau des agences de notation comme Standard & Poor's dictent leur loi. Il suffit que celles-ci froncent les sourcils pour que le lendemain on annonce un plan de réduction des déficits. C’est que de ces agences dépendent en grande partie les taux d'intérêts des emprunts sur les marchés. Quand la note du pays est dégradée les taux d’intérêt augmentent, ce qui se chiffre à plusieurs milliards de dollars, creusant d’autant les déficits publics. En France, certes c’est le peuple qui élira en 2012 le prochain président, mais les marchés influeront sans doute sur ce scrutin, les candidats étant obligés de se déterminer par rapport à la crise et à l’attitude à adopter pour faire face aux déficits.
Marché " Bourreau " (Makélékélé, Brazza)
Dans les pays d’Afrique noire comme le Congo le problème des marchés se pose en d’autres termes. Du fait que ces pays sont relativement éloignés du capitalisme spéculatif (scandale de la BEAC mis à part), ici l’influence des marchés se traduit par la confiance qu’il faut solliciter et même monnayer auprès de l’ancien colonisateur et ses dirigeants politiques. Il faut faire allégeance à Chirac ou à Sarkozy (y compris par le biais de mallettes bourrées de fric), ces dictateurs des chefs d’Etat de l’Afrique noire, pour obtenir l’effacement de sa dette et sa survie politique au pouvoir. Pour ne pas avoir scrupuleusement respecté cette règle Kadhafi git aujourd’hui pour l’éternité dans le sable du désert et Gbagbo médite sur la méchanceté humaine dans le nord de la Côte d’Ivoire.Sassou, lui, connaît ses classiques et ne risque pas de désobéir un jour à ceux qui l’ont placé au pouvoir. Sur le plan interne, la dictature des marchés au Congo est représentée par sa personne et la voracité de son clan, lequel contrôle presque totalement l'économie du pays. Celui-ci enrégimente et prostitue tout ce qui qui bouge. Sassou gouverne un pays sans opposition, détient tous les pouvoirs imaginables et dispose de tous les atouts pour transformer son pays en « eldorado » : forte croissance, pays peu peuplé, climat favorable, terres fertiles, cadres plus ou moins formés et compétents, richesses du sous-sol, stabilité politique... voilà son terrain de jeu. Pourtant il accomplit l’exploit d’échouer, développant la misère populaire, en rendant encore plus son pays dépendant de l'étranger sur le plan alimentaire. La faute à sa propension aux bricolages économiques, à son goût prononcé pour les « politiques » économiques débridées sans fil conducteur : Programme triennal, Programme quinquennal, Opération coup de poing santé, Conférence des entreprises, Autosuffisance alimentaire en l'an 2000, Agriculture priorité des priorités, Nouvelle espérance, Chemin d'avenir... Triste catalogue de slogans qui, en un demi-siècle de pouvoir, n'ont rien changé dans la vie quotidienne des Congolais. Triste performance.
Dernières en date, au titre de la « municipalisation accélérée » du département du Pool en 2012, les priorités retenues pour le développement de cette région, à côté de la construction de quelques dizaines de kilomètres de routes et d’une école : le domaine présidentiel, l’hôtel du département, un grand stade de football. De quoi donner (comme partout où la " municipalisation accélérée " est déjà passée) du travail aux jeunes de la région pour les années à venir !
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Divers
La Seleçao au Gabon
L’évènement est rare pour être signalé. L’équipe du Brésil de football, la fameuse Seleçao avec son mythique maillot jaune que porta naguère Pelé, le roi incontesté du football a joué contre les Panthères du Gabon le jeudi 10 novembre à Libreville.
La Seleçao à l'entraînement à Libreville
La Seleçao se déplaçait sans ses vedettes et n’alignait pour noms assez connus que Fabio, Luisao, David Luiz ou Adriano. Le Brésil l’a bien entendu emporté par 2 buts à 0.
En 27 matches disputés à ce jour par la Seleçao contre une équipe africaine, le bilan est de 26 victoires pour le Brésil pour une seule défaite concédée contre le Cameroun (1-0) en 2003 au Stade de France. Le Zaïre, en 1974, a été battu 3-0 en coupe du monde en Allemagne, après avoir perdu d'ailleurs 9-0 contre la Yougoslavie et 2-0 contre l'Ecosse...
Le Congo n’a, sauf erreur, que rencontré dans les années 70 l’équipe Espoirs du Brésil (1-1) à Brazzaville. Le pays a par ailleurs accueilli ces années-là par deux fois le FC Santos de Pelé et Botafogo de Jairzhino.
Article publié le Tuesday, November 15, 2011