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Burkina Faso

Le pouvoir, une fois encore, il faut savoir le quitter

  Le pouvoir, une fois encore, il faut savoir le quitter mercredi 2 novembre 2011, par Bendré

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français Les images du Guide libyen chassé du pouvoir et tué pratiquement comme un chien ont fait le tour du monde et ont heurté plus ou moins, les sensibilités des uns et des autres. Pour les uns, Kadhafi n’a récolté que ce qu’il a semé comme horreurs, assassinats et crimes. Quand il prenait le pouvoir en 1969, il n’a pas eu pitié du roi Idriss 1er et de ses notables ; ainsi Kadhafi n’avait pas non plus droit à la pitié des soldats du Conseil National de la Transition et de l’OTAN. Tout comme leur père, les fils de Mouammar n’avaient pas aussi à implorer l’indulgence aux maîtres actuels de Tripoli. Mais enfin !!!

Pour les autres par contre, vu ce que le Guide a fait pour son peuple, vu ce qu’il a fait pour l’Afrique vu, vu…, il ne devrait pas mourir de la sorte : lynché, frappé, enterré d’une certaine manière, piétiné, profané… Bref !

Des images de cette nature là, l’Histoire nous a fait connaître très récemment avec la capture de Saddam Hussein en 2009 suivie de sa pendaison ainsi que la chute de Laurent Koudou Gbagbo en 2011 quand bien même ce dernier aurait pu échapper à la vindicte des vainqueurs. On ne peut oublier également la misère de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Egypte…Ils ont été livrés à une « vengeance » de « victimes ».

Ces images nous rappellent que l’histoire humaine, l’histoire des peuples est jalonnée de tragédies et de drames, de honte et d’humiliation. Elles nous rappellent surtout le contexte dans lequel, toutes ces tragédies, tous ces drames ; toutes ces séquences de honte et d’humiliation ont été possibles. L’année 2011 aura été celle de la remise en cause par des peuples opprimés, des systèmes de monopolisation du pouvoir, de patrimonialisation de l’Etat ; de régimes de corruption et de corrompus…

Bref, quand la trompette du rejet des régimes à long règne, autocratique, corrompus sonnait à partir de la Tunisie de Ben Ali, les chefs d’Etat d’Afrique au sud du Sahara ne se sont pas senti concernés. Leurs partisans clamaient à tue-tête que la situation arabo-magrébine est différente de celle de nos Etats en Afrique Noire. Conséquence : le chien aboie, la caravane passe. Oui, les peuples arabes exigent des changements, et l’Afrique Noire ne se sent nullement concernée. Cinq personnes ont beau s’immoler aux portes du palais présidentiel à Dakar, personne ne s’en préoccupe. Bien au contraire, les autorités ont renforcé la garde pour que les Sénégalais cessent de s’assassiner du fait de leur détresse.

Ce temps-ci, au moment où le Guide libyen était froidement tué et que son sort interpellait nos gouvernants sur le continent, le Camerounais Paul Biya se faisait élire dans des conditions les plus effroyables et pitoyables.

Pendant ce temps également au Burkina Faso, une majorité au pouvoir ne baisse pas d’un cran sa volonté de voir un article révisé pour permettre au Président de continuer sa route. Tout cela n’est possible dans cette période que quand des gens osent croire que la situation arabe ne regarde aucunement ni les Burkinabè, ni les Africains. C’est bien possible qu’il en soit ainsi !!!

Mais certaines personnes se trompent lourdement. De Ouagadougou à Yaoundé en passant par Dakar, le vent de la Tunisie fera chemin de gré ou de force. Déjà au Burkina Faso, certains ont dû apprendre à s’orienter avec les bottes des militaires et des cailloux des élèves et étudiants. Certains ont dû comprendre qu’ils ne sont jamais assez forts pour dicter à une société, leurs désidérata. A Dakar aussi, les mêmes catégories de personnes ont dû comprendre que la démocratie a ses règles écrites et non écrites. A Yaoundé, on croit toujours que les choses sont aussi et toujours simples et belles car le président vient d’être publicité pour un autre mandat.

Chacun a peut-être raison de vouloir faire ce qu’il veut quand il est au pouvoir. Cependant l’histoire ne ment pas. Les horreurs et les crimes que certains ont commis les rattraperont d’une manière ou d’une autre. Ils ne se verront pas peut-être lynché à mort comme un Guide ; ils ne verront peut-être pas leurs familles poursuivies dans tous les champs par des adversaires ; mais ils récolteront ce qu’ils ont ou auront semé. Tôt ou tard !!!

Par Bendré

 


Article publié le Tuesday, November 15, 2011