Lundi, 17 Octobre 2011 14:52
On prete à l’hyène que dans sa prudence légendaire elle a dit que lorsqu’il n’y pas de problème en vue, on ne parle pas de problème. Quand des dirigeants de Loumana s’évertuent dans des écrits à tenter d’endormir leurs militants en leur vantant une prétendue entente cordiale entre Hama et Ladan le tout nouveau ministre d’Etat, cela est pathétique. Car dans les états-majors de tous les partis politiques, les cellules de réflexion planchent encore sur la tentative de coup de force que Ladan avait tentée contre Hama.
Dans cette entreprise d’endormis- sement de leurs propres militants, les penseurs de Lumana avaient cru qu’ils pouvaient impunément et gratuitement comme à l’accoutumée insulter et vilipender le sage Président du Mnsd-Nassara, qui apparait aujourd’hui comme le véritable garant de la stabilité des institutions issues des combines entre le général sur tapis vert et Zaki. On est surpris du mutisme ou plus précisément de la couardise des militants du Mnsd Nassara qui ne mouillent jamais la chemise pour défendre les intérêts de leur parti, se contentant de faire le dos rond pour ne pas se rappeler au bon souvenir de qui que ce soit et «manzer» ce qu’ils ont engrangé quand le Mnsd Nassara était au pouvoir.
Hama militant de Lumana par défaut.
Après Tandja que le Mnsd Nassara a porté aux destinées de notre pays en lui assurant dix ans de présidence tranquille, c’est Hama qui avait le plus profité du parti. C’est quand il avait quitté le parti que les langues s’étaient déliées, comme seuls les nigériens savent le faire avec brio et dextérité. On a appris que Hama n’avait jamais été inscrit dans aucun comité de base du parti. C’est- à-dire qu’il n’avait pas de carte de membre du Mnsd Nassara. Il n’avait jamais investi ne serait-ce qu’un kopeck dans le fonctionnement du parti. Au contraire les jeunes du parti conduits par Moussa Keita avaient même exigé un audit des biens et deniers du parti au grand baobab. On connait la suite. Suite à la décision de la Cour d’appel de Niamey, il quittait le Mnsd Nassara pour adhérer à Lumana en exhibant fièrement la carte du parti achetée pour lui.
Lumana découvrira ce que le Mnsd Nassara a enduré pendant près de vingt ans : pour Hama et il est le seul qui mérite de diriger et profiter des honneurs. Les autres militants doivent se contenter de renflouer les caisses du parti. Ce n’est pas Zakai qui dira le contraire. Il a cependant financé le Groupe de réflexion de la génération du 21è siècle: Grgn 21 de la dame de fer Hadiza Seyni avec les déboires qu’on connait. Pendant les élections générales, Hama, aux dires des mauvaises lan- gues, n’a investi à titre personnel que trente millions dans la région de Tillabéry le prétendu fief du parti pour couvrir les locales, les législatives et la présidentielle 1er tour. Combien aurait-il alors investi dans les régions qui ne sont pas des fiefs du parti ? Quand on connait les traditions auxquelles les partis politiques ont habi- tué les électeurs on ne comprend pas les résultats attribués à Lumana sur l’étendue du territoire national.
La roue tourne on le saura certainement dans pas longtemps car Allah le Très haut est Juste et Véridique. C’est parce qu’il pensait qu’il est l’être suprême, l’élu comme un dalaïlama, il s’était convaincu que c’était lui et pas un autre qui serait au se- cond tour des présidentielles. Il se connait et il connaissait la di- gnité et l’honneur qui habitent en tout lieu et en toute circonstance le Prési- dent du Mnsd Nassara. Dès lors Hama suscite et obtient la création d’une alliance. On se rappelle les pro- pos insultants et irrespectueux qu’il a tenus à l’endroit du Président Issoufou à Dosso et Tillabéry lors des tournées électorales de l’Alliance. En effet pour Hama s’il y a un coq qui doit chanter dans la partie ouest du Niger ce doit être son coq. Si quel- qu’un originaire de l’ouest doit diriger le pays après Kountché c’est forcement lui. Sinon, ‘’nobody’’. Ces facettes de la personnalité de Hama, Ladan ne les avait apparemment pas observées. Peut-être qu’étant des frères car tous deux ‘’frères tri ponc- tués’’, Ladan pensait être à l’abri des ambitions dévorantes de Hama ?
Le poids moral et politique de Seini Oumarou.
Avec le calme et la sérénité que lui reconnaisse aujourd’hui le peuple nigérien, Seini Oumarou a paraphé le texte instituant l’Arn. Lors de la si- gnature, c’est Hama qui avait assuré le protocole. C’est-à-dire que c’était Hama Amadou président et candidat de Lumana aux élections présidentielles 1er tour, qui avait présenté à chacun des leaders, le document à signer en leur disant de signer car si Issoufou est élu président de la Ré- publique ils sont tous foutus. Quand les résultats sont tombés, Hama qui avait raconté à nos compatriotes vivant dans les pays de la sous région ouest-africaine que Tandja l’avait évincé pour des considérations régionalistes et ethniques (cela ressort d’un enregistrement vi- déo versé au dossier de l’affaire Hama Amadou contre Mnsd Nassara et visionné par la Cour d’appel à l’audience), a violé sa parole et foulé aux pieds sa signature pour s’allier à celui qu’il diabolisait car pour lui il n’est pas question que Seini Oumarou soit élu président de la République si lui Hama est vivant et capable de com- bines.
On pense aujourd’hui que Lumana a été dans l’élection de Issoufou la 5ème roue de la carrosse. Mais c’était judicieux de la part du Pnds Tarrayya de se mettre à l’abri de la machine de fraude de Lumana qui lui a donné les résultats que l’on sait et qui ne représentent pas son assise réelle dans le pays. A l’issue des élections du 2è tour des présidentielles, Seini Omarou a dit « c’est Allah qui est détenteur du pouvoir, Il le donne à qui Il veut et quand Il veut ». Comme le prophète Ibrahim (que le Salut d’Allah soit sur lui) lorsqu’il a été précipité dans le brasier par les infidèles, Seini Omarou a dit à ses proches après la proclamation des résultats du second tour des présidentielles que c’est en Allah qu’il place sa confiance (« hasbounallahou wa niima wa kilou »). Il a ainsi reconnu sa défaite dans la mémorable déclaration qui lui a valu le respect et la considération des nigériens de tous bords politiques et de la communauté internationale.
Cette acceptation des résultats a épargné à notre pays des tourmen- tes qui se dessinaient à l’horizon. Seini Omarou n’a pas besoin de Issoufou. C’est Issoufou qui a besoin de lui pour avoir une visibilité de son parcours car entouré d’allié qui n’a pas hésité à soumettre à sa promulgation un texte qui n’émane pas de l’Assemblée nationale avec la com- plicité d’une secrétaire élue (une nouvelle Hadiza Seyni peut-être). Dieu a préservé Issoufou en lui donnant un « ennemi » comme Seini. Issoufou saura t-il s’occuper d’un « ami » comme Hama? N’en déplaise à ceux qui ne se con- vainquent pas que dans l’opposition Seini Omarou est très serein, à ceux qui veulent le voir quitter le pays chaque fois qu’on pense que ça va barder, à ceux qui veulent le voir éviter la proximité de Issoufou qualifiée de potentiellement dangereux, Seini Omarou est le Chef de file de l’opposition. C’est une institution prévue dans la constitution de la 7ème Répu- blique et organisée dans la charte des partis politiques.
Il a été convenu avec le Président Issoufou que les deux hommes politiques se verront une fois par mois et chaque fois que de besoin à la demande du plus dili- gent. Comme dirait le comique burki- nabé les jaloux vont maigrir et s’ils sont maigres ils feront des hémorroï- des. Que ceux qui sont pressés de ren- verser Issoufou se tranquillisent et qu’ils ne comptent pas sur des bras de fer entre le Chef de file de l’oppo- sition et le Président de la République. On ne peut pas être un bon chef si on n’a pas la patience d’être un bon courtisan, un bon opposant dit-on. Seini Omarou n’est pas de ceux qui contestent le choix d’Allah. Il est un vrai croyant. Il ne se rend pas à la prière collective seulement deux fois par an. Seini Omarou place les intérêts du Niger et des nigériens largement au-dessus des siens. C’est pourquoi dans ses rapports avec le chef de l’Etat, il attirait toujours son attention sur les dérives ou les carences qu’il constate dans la conduite des affai- res publiques.
La dépolitisation de l’Administration est inscrite dans les programmes de tous les partis politi- ques. Aucun agent investi d’une par- tie de la puissance publique ne doit cependant rester en poste comme s’il s’agit d’un héritage ou lorsqu’il est en conflit avec la politique générale de l’Etat conduite par le Premier minis- tre. Il n’est pas possible de reprocher à Seini Omarou, Premier ministre, de nommer des gens dans les adminis- trations qui relèvent directement de son autorité, en oubliant qu’en 2001, les partisans du courant rénovateur du Mnsd Nassara avaient été éjectés de leurs postes de responsabilité dans l’administration pour avoir pensé autrement la gestion non pas de l’Etat mais d’un parti politique. Il s’agit de Sani Mamane, Tahirou Guimba, Almoustapha Soumaila, Boukari Wassalké pour ne citer que les plus connus. Almoustapha Soumaila a même été injustement jeté en prison.
Amadou Sala sera sanctionné plus tard dans des conditions humi- liantes où, après avoir servi loyalement Hama pendant cinq ans avec tout ce que cela suppose de couleu- vres avalées, c’est par son rempla- çant qu’il avait appris son limogeage et qu’il devait revenir au bureau pas- ser les dossiers importants avant la publication du décret, alors que quel- ques temps plutôt on lui avait imposé de désister en faveur de Intarou comme candidat aux élections légis- latives de la 2ème mandature de la 5ème République. Il entama ainsi une tra- versée du désert qui sans l’assis- tance d’amis qu’il était loin d’imaginer l’aurait certainement anéanti. Seini Omarou avait dit à la face de la nation qu’il soutiendrait Issoufou dans tout ce qu’il entreprendra de bien pour le Niger et son peuple. C’est tout naturel qu’Issoufou l’ait demandé ou pas, qu’il aille le voir pour attirer son attention sur ce qui était entre- pris et qui n’aurait rien de bien pour le Niger ou son peuple. Les germes de la discorde de Lumana sont dans les ailes de son cheval que nous, fervents musul- mans, nommons Pégase au lieu de l’appellation erronée par Hama à accra. Ces germes s’appellent les ambitions égoïstes de Hama et l’ama- teurisme politique de Ladan.
Les tentatives de Ladan pour évincer Hama.
Ce n’est un secret pour personne que l’empêcheur de présider rond c’est Ladan, c’est-à-dire qu’il est l’em- pêcheur de mettre en exécution le plan pour évincer Issoufou ourdi par Hama du fond de sa cellule de Koutoukalé et dont nous avions parlé en 2010 dans les colonnes de votre journal. Ne vous trompez pas de ci- ble et ne cherchez pas à tromper vos militants. Ladan n’avait jamais raté une occasion pour rappeler à Hama qu’à Lumana il était venu à la 25ème heure pour manger l’œuf cuit pendant qu’il lui était en prison. Il a constaté et décrié avec amertume que, malgré ses comptes bancaires offshore, Hama ne contribue pas au financement du parti de façon conséquente. Ladan fait semblant de ne pas savoir, car reconnaître cela lui écor- cherait la bouche, qu’au Mnsd Nassara c’était dans la poche du PDG de ENITRAP que Hama puisait pour se réaliser politiquement. Cette poche ne lui est plus accessible. Il est donc temps pour Hama de puiser dans les fonds qu’il a emmagasinés pendant les sept années où il était resté à la tête du gouvernement pour financer les ambitions qu’il s’est assigné.
C’est ainsi que dans l’hémicycle Ladan a formé une équipe de contestation du leadership de Hama. Il a acquis à sa cause des députés sans base comme Lady. Ladan qui pensait dresser Issoufou contre Hama est allé jusqu’à promettre à Zakai que tant qu’il est vivant et député, son immunité ne sera jamais levée. La non levée de l’immunité pouvant être appréciée comme un défi de Lumana vis- à-vis des engagements de bonne gouvernance du Chef de l’Etat. Ladan espérait ainsi attirer les foudres des ‘’scienceurs’’ roses sur Hama auquel Bazoum a rappelé à la suite de la création de l’Arn que c’est eux qui l’ont sorti de prison et il s’est montré ingrat. Dans sa démagogie habituelle Bazoum s’est gardé de dire qu’ils avaient voté aussi la mise en accusation de Hama et le rejet de sa première demande de mise en liberté provisoire et qu’auparavant c’est eux qui avaient renversé le gouvernement de Hama par une motion de censure.
Or Hama qui savait que Lumana ne peut plus rien pour Zakai serait allé jusqu’à proposer à Abass Djibo de se préparer pour prendre la relève de son grand frère dans le zamaganda. Profitant des absences de Hama, Ladan président du groupe parlemen- taire de Lumana, avait pris langue avec les autres groupes composant avec le Pnds la majorité parlementaire. Il avait ainsi approché Hamani Harouna du RD (Udr et Rdp) et Ben Omar le patron du sous-groupe Rdp aux fins de s’insurger contre le partage léonin des postes qu’effectuait le Pnds. Il a également approché le groupe parlementaire de l’Arn. Mais l’Arn est constituée de professionnels de la politique qui n’avaient pas mordu à l’hameçon de Ladan qui ne parlait que pour lui-même. Il n’était pas question pour eux de donner un assentiment ou cautionner les griefs de Ladan contre le Pnds car des négociations politiques ne revêtent pas les allures de marchandages de chiffonniers.
Au retour de Hama, Ladan lui fit croire que le parti avait décidé de lâ- cher le Pnds. Il revenait à Hama de suivre la dynamique ou ben le train le laissera sur le quai. Ce faisant Ladan a signé son arrêt de mort politique. Hama alla voir Issoufou et dressa la majorité présidentielle contre Ladan. En fait on ne comprend pas comment Ladan a t-il pu oublier les paroles de Bazoum rappelées plus haut ? Comment a-t-il pu oublier que Hama a, vis-à-vis de la majorité présidentielle, une marge de manœuvre restreinte par le fait qu’il est en liberté provisoire et la mise en place prochaine de la haute cour de justice signifiera pour lui la tenue de son procès. Il aura besoin de la compréhension de ses amis politiques. Mais Ladan se croyant PF de Lumana n’avait pas compris que son salut est dans l’hémicycle. Quitter l’Assemblée c’est « chiga oukou ». Hama avait réussi son coup. Faire partir Ladan de la place de la Con- certation et faire de lui un simple militant de Lumana.
En effet avec son entrée au gouvernement Ladan ne constitue plus une quelconque menace pour Hama qui peut, par les manœuvres dont seul lui a le secret, l’exclure même de Lumana. Il ne reste plus à Hama que de récupérer les membres du clan Ladan. Avec son neveu Me Mossi qui est rentré à l’Assemblée à la place de Ladan cela ne doit pas poser de problème. Le Président de la République reconnaitra peut être à Ladan d’avoir toujours été proche du Pnds. Il y a certainement des complicités entre Massaoudou et Ladan. Issoufou le laissera peut être dans le gouvernement pendant six mois afin de lui permettre de s’ouvrir d’autres horizons à défaut de le récupérer dans son parti. A moins que les francs-maçons qui entourent Hama et Issoufou n’arrivent à réconcilier les frères ennemis. Pour conclure Au regard de ce qui précède, en quoi Seini Omarou avait-t-il cherché à faire tomber la majorité ? Hama avait en 2007 déclaré que sa majorité était sans âme.
Celle de 2011 est carrément explosive eu égard aux incongruités qui la composent. En effet Ladan Tchana est déclaré être à Hama ce que Hama lui-même était à Kountché. Cette allusion est renversante. A quel titre a-t-on fait référence à Kountché ? Le chef militaire que les dirigeants du Pnds avaient combattu ou le nationaliste ? Dans le premier cas on peut se contenter de dire « moutané Tarrayya garé kou!» et cela veut tout dire. Hama serait-il donc pour quelque chose dans la répression qui vous avait frappé, les emprisonnements sans jugement, les déportations etc ? Dans le deuxième cas on peut se permettre ‘’un pleurerire’’. Kountché n’a pas exproprié les populations de chez lui pour se faire un ranch avec les vaches de l’Etat empêchant ainsi aux populations de Warkiéré de travailler pour nourrir dans le cadre des 3N, celles d’Iferouâne que les mines empêchent d’accéder à leurs jardins.
Kountché n’a pas commercé ni pris dans son équipe des gens qui ont pris les armes contre le pays. Quand il faisait venir des ma- rabouts il ne réunissait pas la presse pour accuser des inno- cents. Il leur demandait de prier pour la paix et la prospérité du Niger. Quand Hama avait son ‘’one man show’’ il avait oublié que si nous autres avions pu voir le préposé aux affaires occultes de Hama se démener pour loger la cohorte de mara- bouts guinéo-mauritano-maliano-bukinabé, Qu’en est-il de Issoufou qui a à sa disposition les services de renseignement dont la compétence n’a jamais été démentie depuis l’affaire de la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Ceao) ancêtre de l’Union économique et monétaire ouest Africaine (UEMOA) ? Il sait qui avait fait séjourner des marabouts à Niamey et à quelle fin.
Article publié le Monday, October 17, 2011