Lors du séminaire sur la musique moderne nigérienne organisé par le Ministère de la Culture à Dosso en 1987, l’Etat nigérien avec l’appui du FED (Fonds Européen de Développement) a mis à la disposition du « projet CFPM » les locaux du Centre National des Archives Culturelles qui deviendra plus tard le CFPM El Hadji Taya.
Le centre de formation et de promotion musicale (CFPM El Hadji Taya) a été fondé en 1989 à la demande de l’association des musiciens présidée par feu El Hadji Mamane Taya et en suivant les recommandations du jury de la 1ère édition du Concours National de Musique Moderne Nigérienne, « Prix Dan-Gourmou » qui avait mis l’accent sur la nécessité de mettre en place un centre de formation pour professionnaliser les musiciens au vu de la qualité médiocre de leurs prestations.
Le patrimoine musical du Niger n’est malheureusement pas assez mis en valeur et il est d’ailleurs peu connu des Nigériens eux-mêmes, comme des étrangers. Il existe des instruments :
de cour, comme le kakaki,
de corporation, comme le biram ou le cikansami,
pour des rituels sacrés, comme le gogue et komsa,
pour enfants, comme le o’dilli,
dont la fonction première est domestique, comme le kokota,
pour musiciens islamistes et mendiants, comme le butar la’ile,
profanes de réjouissances populaires et multifonctionnels, comme le kalangu et le gumbé
Chaque groupe ethnique au Niger possède une culture musicale propre et cela se répercute dans la façon de jouer les instruments. De même, chaque groupe ethnique fabrique ses propres instruments selon ses traditions particulières. Certains instruments sont sacrés et ne peuvent être touchés que par des griots initiés. Des sacrifices sont également organisés pour satisfaire ces instruments qui n’ont pas été conçus pour être exposés dans un musée mais pour être joués.
Il est malaisé de répertorier les instruments du Niger. Une des difficultés majeures est que les dénominations de la plupart des instruments varient selon les différentes régions et les langues. Par exemple, le gurumi (luth à deux cordes grattées) est le nom Haoussa de la région de Zinder. Il s’appelle également kumbi en Kanuri de la région de Diffa et komsa en Zarma de la région de Niamey et de Tahoua. Par ailleurs, pour les Zarma, tout instrument à corde est appelé komsa.
Le Musée des instruments du Centre de Formation et de Promotion Musicale est un musée unique au Niger. Il dispose d’une collection de plus de 150 instruments (le fonds change constamment à cause des nouvelles acquisitions) provenant de toutes les régions et fabriqués par toutes les ethnies du Niger. Son objectif est la sauvegarde d’un patrimoine culturel en voie disparition puisque nombreux sont les instruments qui ne sont plus joués, faute de transmission du savoir aux jeunes générations et des changements sociaux. Le musée des instruments, malgré la richesse de son fonds, souffre du manque de moyens du CFPM et sa collection tend à se détériorer. Il est primordial de sauvegarder cette précieuse collection à l’incalculable valeur patrimoniale et puisqu’à ce jour, ce musée possède le plus grand nombre d’instruments du Niger. Néanmoins, grâce au travail des griots présents dans le centre, les instruments sont régulièrement réparés.
La majorité des instruments présents dans le musée a été achetée directement auprès des propriétaires ou a fait l’objet de donations. Afin de compléter la collection, quelques instruments ont été fabriqués par des griots à la demande du musée.
Article publié le Thursday, April 3, 2008