Niger-(justice) : Le Ministre Marou Amadou menace d’opérer des coupures sur les salaires des magistrats grévistes
Le bras de fer entre le Ministre de la justice, Marou Amadou et le Syndicat autonome des magistrats du Niger (Saman) ne fait que commencer. Hier dimanche 04 novembre 2012, le Ministre nigérien de la justice a annoncé sur les ondes médiatiques que des coupures vont être opérées sur les salaires des magistrats qui répondront à un quelconque mot d’ordre de grève du Saman.
En effet, le Syndicat autonome des magistrats du Niger a entamé depuis ce lundi 05 novembre une nouvelle grève de 5 jours, la deuxième en moins d’une semaine, après l’arrêt du travail que les magistrats ont observé le vendredi 02 novembre passé. A l’origine de ce débrayage, le Syndicat invoque la récente « affectation sanction » infligée au procureur de la république, pour « indiscipline caractérisée » et pour s’être « impliqué dans une histoire de cocaïne », a annoncé le ministre Marou Amadou. Sur l’affaire de la cocaïne, une source proche du ministère de la justice souligne que le juge en question aurait pris une somme de 2,5 millions sous forme de caution pour ordonner la mise en liberté d’un narcotrafiquant, en l’occurrence une femme de nationalité nigériane, sur qui on a trouvé une importante quantité de cocaïne d’environ 2,5 Kg. Plus grave, indique la même source, le juge a perçu lui-même l’argent en lieu et place du greffier qui est l’autorité la mieux indiquée en pareille circonstance.Les magistrats qui défendent leur camarade ont dit ne pas être d’accord avec cette sanction et exige dans le même temps, des indemnités liées à leur fonction et l’amélioration de leur statut. En réaction à la décision du Saman de paralyser les activités judiciaires au cours de cette semaine, Marou Amadou a menacé de prendre des sanctions contre tout magistrat qui va en grève, notamment à travers des coupures sur des salaires. Le ministre a indiqué que dans aucun pays du monde on ne peut voir « des magistrats aller en grève comme ceux-ci sont en train de le faire ».Cette grève des magistrats du Niger intervient au moment où plusieurs citoyens attendent la poursuite de toutes les personnalités impliquées dans des scandales politico-financiers mis à nu par l’inspection générale de l’Etat. Les autorités actuelles ont hérité de plusieurs dossiers de malversations financières. Mais des poursuites contre les personnes impliquées tardent à intervenir, alors même que la lutte contre l’impunité fait partie des promesses électorales du Chef de l’Etat. Abordant cette question lors d’un entretien sur la télévision d’Etat, le ministre Marou Amadou a laissé entendre que le gouvernement suit de près les traitements judiciaires de tous les dossiers ficelés. « Nous n'allons pas nous précipiter pour emprisonner quelqu'un. Ce sont les orientations claires du Président de la République. Nous allons respecter les lois et règlements de ce pays. Nous sommes très sereins dans cette affaire d'assainissement. Nous sommes déterminés et fermes, et nous sommes soucieux de respecter les lois et règlements de ce pays. Je préfère avoir un coupable dehors qu'un innocent en prison», a indiqué Marou Amadou, répondant ainsi à tous ceux qui piaffent d’impatience de voir la suite réservée aux nombreux cas de détournement des deniers publics. Mais que les choses soient clairement entendues, a-t-il insisté. « Nous n'avons pas renforcé l'Inspection générale d'Etat, créé la HALCIA, créé la Ligne verte, créé la CINTIF par populisme. Ce sont des engagements fermes du Président de la République, et il les tiendra jusqu'au bout. Rien ni personne ne peut les arrêter; mais nous le ferons dans le respect des lois».Cet article est une propriété de nigerdepeches.com
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