Ce n’est qu’un au revoir…
Au terme de son mandat, Vincent Turbat, notre Country Manager, s’en va. Il est remplacé par M. Diagana Ousmane, de nationalité mauritanienne, qui prendra fonction le 16 octobre prochain. En guise d’adieu, il a tenu à délivrer le message ci-dessous.
Il me semble que c’est hier que je débarquais à Niamey avec ma famille pour ce qui me semblait (et me semble toujours) un des challenges les plus excitants de ma vie professionnelle. Après 12 ans passés au siège, j’allais enfin pouvoir me confronter à la réalité du terrain 24h sur 24, réalité que j’imaginais très différente de celle des missions (ce en quoi j’avais raison). J’avais plein d’idées en tête sur ce que je pourrais faire pour remplir au mieux mon mandat et débordais d’énergie. Ajoutons, que j’avais délibérément choisi de travailler dans un pays à faible revenu, car je pensais que ce sont dans ces pays que la Banque, dont la vocation première est de lutter contre la pauvreté, est la plus utile.
Trois ans après, le bilan que je fais par rapport aux objectifs que je m’étais fixé est, il faut bien me l’avouer, mitigé. Si le dialogue avec le gouvernement du Niger a été bon dans l’ensemble, il aurait pu être plus régulier et mener à une collaboration plus étroite sur la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté.
Le dialogue et la collaboration avec les partenaires ont été excellents, à partir du moment où certaines incompréhensions ont été levées.
L’objectif de professionnalisation du bureau a été accepté par une partie de ses membres et combattu par d’autres. Cela a conduit à des situations difficiles et le climat du bureau s’en est ressenti. Cependant, je dois noter avec satisfaction que le climat est aujourd’hui apaisé et que j’ai reçu des félicitations de la part de représentants du gouvernement (et notamment du MEF) et des partenaires techniques et financiers sur l’amélioration de la qualité des services fournis par le staff du bureau de Niamey. La qualité du portefeuille, malgré de notables efforts, ne s’est pas franchement améliorée, et il nous reste beaucoup de travail à faire pour réduire le nombre de projets à risque, notamment dans certains secteurs clefs comme le développement rural ou éducation.
Sur le plan personnel, ma période Nigérienne aura été marquée par la naissance de mon fils Alexis, ce qui m’a procuré une joie indescriptible, et par celle de la Fédération Nigérienne de Rugby. Mon action bénévole au sein de la jeunesse Nigérienne visant à promouvoir le rugby pour faire du développement sera couronnée par certains succès tant sportifs (victoires successives contre le Bénin, le Togo, le Tchad, le Burkina et le Mali) que développementaux (création de l’Académie de rugby rassemblant 145 enfants du quartier de Haro Banda). Je pars le cœur serré, avec le sentiment que j’aurai pu faire davantage. Mais je crois partir en ayant accru le nombre de mes amis. Sachez que je n’oublierai jamais le Niger et que je ferais tout pour y revenir dès que j’en aurais l’occasion. Ceci n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir.
Vincent Turbat
Il me semble que c’est hier que je débarquais à Niamey avec ma famille pour ce qui me semblait (et me semble toujours) un des challenges les plus excitants de ma vie professionnelle. Après 12 ans passés au siège, j’allais enfin pouvoir me confronter à la réalité du terrain 24h sur 24, réalité que j’imaginais très différente de celle des missions (ce en quoi j’avais raison). J’avais plein d’idées en tête sur ce que je pourrais faire pour remplir au mieux mon mandat et débordais d’énergie. Ajoutons, que j’avais délibérément choisi de travailler dans un pays à faible revenu, car je pensais que ce sont dans ces pays que la Banque, dont la vocation première est de lutter contre la pauvreté, est la plus utile.
Trois ans après, le bilan que je fais par rapport aux objectifs que je m’étais fixé est, il faut bien me l’avouer, mitigé. Si le dialogue avec le gouvernement du Niger a été bon dans l’ensemble, il aurait pu être plus régulier et mener à une collaboration plus étroite sur la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté.
Le dialogue et la collaboration avec les partenaires ont été excellents, à partir du moment où certaines incompréhensions ont été levées.
L’objectif de professionnalisation du bureau a été accepté par une partie de ses membres et combattu par d’autres. Cela a conduit à des situations difficiles et le climat du bureau s’en est ressenti. Cependant, je dois noter avec satisfaction que le climat est aujourd’hui apaisé et que j’ai reçu des félicitations de la part de représentants du gouvernement (et notamment du MEF) et des partenaires techniques et financiers sur l’amélioration de la qualité des services fournis par le staff du bureau de Niamey. La qualité du portefeuille, malgré de notables efforts, ne s’est pas franchement améliorée, et il nous reste beaucoup de travail à faire pour réduire le nombre de projets à risque, notamment dans certains secteurs clefs comme le développement rural ou éducation.
Sur le plan personnel, ma période Nigérienne aura été marquée par la naissance de mon fils Alexis, ce qui m’a procuré une joie indescriptible, et par celle de la Fédération Nigérienne de Rugby. Mon action bénévole au sein de la jeunesse Nigérienne visant à promouvoir le rugby pour faire du développement sera couronnée par certains succès tant sportifs (victoires successives contre le Bénin, le Togo, le Tchad, le Burkina et le Mali) que développementaux (création de l’Académie de rugby rassemblant 145 enfants du quartier de Haro Banda). Je pars le cœur serré, avec le sentiment que j’aurai pu faire davantage. Mais je crois partir en ayant accru le nombre de mes amis. Sachez que je n’oublierai jamais le Niger et que je ferais tout pour y revenir dès que j’en aurais l’occasion. Ceci n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir.
Vincent Turbat