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Examens nationaux : En attendant les résultats


Les examens d'entrée en 1ère année Secondaire, du Brevet de fin de premier cycle Secondaire et du Baccalauréat viennent de s’achever sur l’ensemble du territoire national. Ils étaient des milliers de candidats dans des sessions sous haute tension ; la lutte contre la triche était rigoureuse. La Mauritanie vient donc de vibrer, des semaines durant, au rythme des examens nationaux. Du Concours d'entrée en première année du Secondaire au mythique Baccalauréat, en passant par le Brevet d'Études du Premier Cycle (BEPC), le pays entier a retenu son souffle. Cette session académique s’impose comme un tournant décisif. Le Ministère de l'Éducation nationale et de la Réforme du Système éducatif s'est engagé dans une refonte globale, visant à moderniser les processus d’évaluation, tout en protégeant de manière inflexible l'égalité des chances et la valeur des diplômes nationaux. Belles ambitions contestées par certains et difficiles à atteindre dans un pays où la triche est une pratique largement partagée. Le spectacle poignant des familles massées devant les centres d’examens en est une illustration.


 


La poussée des effectifs et le leadership féminin


La cartographie humaine des examens montre une massification continue de l'enseignement mauritanien et des évolutions structurelles majeures au sein de la jeunesse scolaire. Les estimations globales basées sur les registres d'inscription révèlent les données suivantes. Concours d’entrée en 1ère année Secondaire : le premier maillon de la chaîne, véritable filtre de l'enseignement fondamental vers le Secondaire, a mobilisé plus de 105 000 jeunes candidats à travers le pays. Ce chiffre témoigne d'un taux de scolarisation primaire en constante amélioration, poussant l'État à planifier une extension progressive de la capacité d'accueil des collèges. BEPC : Les statistiques officielles du ministère font état de 75 405 candidats sur l’ensemble du territoire national. Ils se sont mesurés aux épreuves dans 354 centres d'examen. Le profil des inscrits démontre une concentration géographique importante : la wilaya de Nouakchott-Sud est arrivée en tête avec 15 143 candidats, suivie de près par Nouakchott-Nord (13 856) et Nouakchott-Ouest (6 956). À l'intérieur du pays, les wilayas du Brakna et du Trarza se distinguent en alignant chacune 5 893 candidats. Fait marquant, la filière unifiée rassemble la quasi-totalité des élèves (75 360), laissant la filière des langues à une minorité de 45 candidats. Baccalauréat : clou des examens nationaux, le Baccalauréat a vu composer 64 532 candidats, répartis judicieusement au sein de 195 centres.


L'analyse fine des données de cet examen met en lumière deux tendances lourdes. Tout d’abord, une majorité féminine historique : Les filles représentent désormais 37 516 candidates, soit 58,13 % de l'effectif global des candidats. Cette supériorité numérique confirme leur place croissante dans le cycle secondaire et témoigne du succès des politiques d’accès et de maintien des filles à l'école. En deux, domination écrasante de la filière scientifique : La série Sciences Naturelles caracole largement en tête avec 37 419 candidats. Elle distance nettement les filières littéraires (14 152 en Lettres Originelles et 10 601 en Lettres Modernes). Les Mathématiques pures (2 110 inscrits) et les filières techniques (154 en mathématiques techniques, 71 en génie électrique) restent minoritaires, mais font l'objet d'un soutien ministériel appuyé pour l'avenir industriel du pays.


 


Les projections statistiques des taux d’admission : l'exigence du mérite


Depuis la fin des examens, les commissions de correction s'activent dans la préparation des corrections au terme desquelles les centres de centralisation proclameront les verdicts définitifs sur la plateforme officielle Mauribac. En attendant, les projections donnent un taux d'admission au Secondaire oscillant de 52% à 55%. Le niveau d'exigence a été relevé pour garantir que seuls les élèves maîtrisant le socle de compétences fondamentales accèdent au second degré. Pour le BEPC, le taux de réussite prévisionnel se situe entre 30% et 35%. Les matières scientifiques ont suscité une forte sélection, tandis que les notes de langues restent mitigées selon les régions. Enfin, le taux de réussite au premier tour de la session normale du Bac, traditionnellement rigoureux, devrait s'aligner sur les exigences structurelles des années précédentes (qui oscillent généralement entre 18% et 23% d'admis directs). Les autorités assument cette sévérité positive, indispensable pour préserver la valeur internationale du diplôme et calibrer les flux d'entrée vers l'Université de Nouakchott et les grandes écoles d'ingénieurs.


 


Quelques innovations


Le déploiement logistique mis en place par la Direction des Examens et des Concours (DEC) a été qualifié d'exemplaire par de nombreux observateurs indépendants. Les épreuves se sont déroulées simultanément sur toute l'étendue du territoire national, de Nouakchott aux localités les plus reculées du Hodh ech-Chargui, sans oublier le centre spécial ouvert à Banjul (Gambie) pour la diaspora et les réfugiés. Le ministère a instauré des innovations managériales-clés : dématérialisation et sécurisation des convocations en amont, limitant les erreurs administratives et les faux candidats ; choix minutieux des présidents de centres et des surveillants, soumis à un code de déontologie strict et appuyés par des inspecteurs généraux déployés sur le terrain ; ponctualité stricte, enveloppes scellées des sujets parvenant aux salles à la minute près, sous escorte des forces de sécurité (Gendarmerie et Garde nationale). Enfin, le ministère a déployé des efforts notables pour assurer l’éclairage, la ventilation et l'accès à l’eau potable dans la majorité des centres des wilayas de l’intérieur, durement éprouvées par la chaleur estivale.


 


La guerre contre la triche


La session a été le théâtre d’un affrontement de haute intensité entre des candidats fraudeurs usant de technologies modernes et un appareil d'État déterminé à assainir l'environnement des examens. Au cours des années précédentes, des fuites et triches avaient été enregistrées ici et là. Le département semble déterminé à combattre la fraude dont les méthodes ont évolué.  Finie l'époque des simples antisèches en papier (« la cartouche »). Les tricheurs ont massivement basculé vers le numérique. Les méthodes comprenaient l’usage de téléphones portables miniaturisés, d'oreillettes Bluetooth invisibles, et surtout la mise en œuvre de réseaux synchronisés sur les applications de messagerie chiffrée. Des groupes éphémères sur WhatsApp et Telegram étaient alimentés par des complices extérieurs chargés de diffuser les corrigés dès la sortie théorique de l'épreuve.


 


L'arsenal de lutte et le démantèlement des réseaux


Face à cela, la riposte a été globale. Au-delà des fouilles corporelles rigoureuses à l'entrée des centres, les services de l'État ont employé les grands moyens : l'intervention du Bureau central de lutte contre la cybercriminalité a permis de démanteler, pendant le BEPC, un réseau organisé de fraude qui transmettait les réponses par SMS et via un lien Facebook. Trois suspects ont été arrêtés. Toutefois, l'arme absolue de l'État est restée radicale : interruption ciblée et systématique de l'Internet mobile à l'échelle nationale durant les heures de composition (de 8h00 à 12h00, puis de 15h00 à 18h00). Cette mesure visait à asphyxier les communications numériques et à couper court à toute fuite ou réception de corrigés en temps réel.


 


Le bilan chiffré des saisies et des exclusions


Malgré les coupures Internet, le verdict est tombé sans concessions pour ceux qui ont bravé l'interdit en introduisant leurs appareils dans l'espoir de capter un signal résiduel ou d'utiliser des fichiers stockés en local. L’application stricte de la règle « tout téléphone saisi en salle équivaut à une annulation immédiate » a généré des statistiques de sanctions inédites. Au BEPC, une liste officielle nominative de 127 candidats a été publiée. Ils ont été formellement exclus et sanctionnés pour détention de téléphones portables. Le document ministériel a détaillé publiquement leur numéro d’examen, centre et wilaya, pour servir d'avertissement solennel.


Au Baccalauréat, le bilan s'élève à 129 candidats définitivement disqualifiés pour les mêmes motifs. Le ministère a fermement précisé que ces chiffres sont basés sur les procès-verbaux centralisés et que le bilan définitif pourrait s’alourdir à l’issue des enquêtes de sécurité en cours sur les complicités internes et externes. Pour les coupables, outre l'annulation immédiate de la session en cours, des interdictions de se présenter aux examens nationaux pour une durée allant jusqu'à trois ans ont été actées. Le pays attend désormais les résultats officiels qui seront publiés sur les plateformes numériques de l'État. Une certitude demeure tout de même : la refonte du système éducatif est en marche, mais sa réussite finale dépendra autant de la rigueur de l'appareil d'État que de la prise de conscience des élèves et de l'encadrement des familles.


 


Dalay Lam










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