Nigeria : le marché de Dawanau, pilier du commerce de céréales en Afrique de l’Ouest
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05 juillet 2026
Actualités
Nigeria : le marché de Dawanau, pilier du commerce de céréales en Afrique de l’Ouest
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- --> Date de création: 04 juillet 2026 20:03
Dernière modification le: 04 juillet 2026 20:11
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(Agence Ecofin) - Au nord du Nigeria dans l’État de Kano, Dawanau s’est imposé comme le plus grand marché de céréales de la sous-région ouest-africaine, et l’un des plus importants carrefours commerciaux du continent.
Créé en 1985 le long de l’axe Kano – Katsina, à l’initiative de l’homme politique nigérian Alhaji Uba Ahmed, le marché céréalier international de Dawanau, qui n’était au départ qu’un point d’échange parmi d’autres, est devenu une ville dans la ville. Situé à la sortie de Kano, c'est un vaste complexe s'étendant sur près de 42 km² et abritant des milliers d’échoppes et de hangars.
Un centre névralgique
Les estimations parlent de plus de 10 000 boutiques et de plus de 600 entrepôts pour une capacité avoisinant les 150 000 tonnes de marchandises, sans compter les milliers de personnes qui s’y croisent chaque jour : commerçants, manutentionnaires, transporteurs, agents de sécurité, collecteurs, courtiers et autres intermédiaires.
On y trouve aussi des dizaines d’associations et de coopératives qui organisent cet espace où affluent, sont entreposées, et d'où repartent des denrées essentielles comme le maïs, le sorgho, le mil, le riz, les haricots, le niébé, l’arachide, le sésame et le soja, mais aussi le manioc, la pomme de terre et d’autres cultures de rente.
Cet espace marchand incontournable doit avant tout son importance à son positionnement stratégique. Localisé à 240 km de Maradi au Niger, et à 600 km de la frontière tchadienne, le marché de Dawanau constitue en effet le principal centre de regroupement d’une grande partie des excédents commercialisables de la région. Il attire des commerçants venus de tout l’est du bloc ouest-africain — Burkina Faso, Niger, Tchad, Cameroun, Bénin — qui y apportent non seulement des produits agricoles, mais aussi des informations sur la situation de leurs marchés d’origine.
Cette concentration d’acteurs venus de plusieurs endroits en fait un lieu particulièrement sensible aux variations de prix. Les marchés des pays voisins, notamment ceux du Niger, sont très fortement reliés à Dawanau, avec une corrélation des prix particulièrement élevée. Combiné aux informations diffusées sur les conditions de production, d’approvisionnement ou de demande dans les zones respectives, ce facteur influence directement les prix, qui se répercutent à leur tour sur les marchés d’où viennent les commerçants.
Dawanau joue ainsi un rôle bien plus large qu’un simple espace de vente : il sert de relais d’information, de fixation des prix et de redistribution de denrées à l’échelle régionale. Le suivi des prix, des volumes échangés et des informations qui y circulent est donc essentiel pour mieux comprendre les interdépendances entre pays et leurs effets sur la sécurité alimentaire régionale. Le Programme alimentaire mondial (PAM) utilise notamment les données de ce marché pour comprendre l'évolution de la dynamique des prix de denrées de base comme le mil, le maïs et le sorgho.
Un enjeu central pour le commerce agricole ouest-africain
Dawanau représente aujourd’hui, l’un des visages les plus concrets de l’intégration alimentaire africaine. Contrairement à l’idée d’un échange transfrontalier marginal ou peu organisé, il montre au contraire que les flux alimentaires en Afrique de l’Ouest sont denses, réguliers, et portés par des réseaux bien installés, avec des commerçants qui interviennent bien au-delà des frontières nationales et qui réagissent rapidement aux signaux du marché ainsi qu’à l’évolution de la demande.
Etant donné que les céréales constituent la base des régimes alimentaires en Afrique de l’Ouest, l’importance de Dawanau ne devrait faire que croître. Son rôle à la fois comme point de convergence des flux céréaliers, baromètre des prix régionaux et relais d’approvisionnement entre zones excédentaires et déficitaires, pourrait devenir encore plus stratégique dans les années à venir.
Dans un contexte où les aléas climatiques fragilisent les récoltes, où l’insécurité perturbe les axes de circulation et où la croissance démographique accroît la demande alimentaire, cet espace commercial devient essentiel pour la résilience des systèmes alimentaires ouest-africains. Cette situation souligne la nécessité de mieux encadrer, sécuriser et valoriser les échanges intra-régionaux, afin d’en faire un véritable levier de stabilité et de sécurité alimentaire.
Espoir Olodo
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