Comment le travail humanitaire est-il entré dans ta vie ?
J’étais parti comme journaliste pour couvrir la seconde Intifada en Palestine. C’est là-bas que j’ai rencontré pour la première fois des travailleurs humanitaires. J’ai vu qu’ils réussissaient à aller partout, parce qu’ils pouvaient s’appuyer sur leur structure qui veillait sur leur sécurité. Ça m’a tout de suite parlé. Et c’est en tant qu’humanitaire que je suis reparti sur les terrains de conflit.
Pourtant, quand tu as commencé à travailler chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, tu n’étais pas sur le terrain.
Je suis rentré chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL pour gérer les publications, la presse, la collecte de fonds, l’identité de l’ONG… J’ai eu la chance de rester neuf ans à la direction de la communication. J’ai adoré voir l’évolution de l’ONG et participer à faire perdurer ce qui fait sa force et le sens-même de son existence : tout faire pour travailler dans les zones où les gens sont en danger.
Un jour, tu es parti comme coordinateur de terrain.
Oui, les équipes sur le terrain se sont demandé qui était ce directeur de la communication qui débarquait pour diriger une base.
Mais au siège de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, on est très proche du terrain. À la communication, j’étais aux premières loges des crises, au contact avec toute les facettes du métier et j’étais souvent parti en mission. Je suis finalement parti comme coordinateur de terrain en Centrafrique, puis au Mozambique. Puis il y a eu cette opportunité d’aller au Soudan.
Au Soudan, Tawila est devenu le plus grand camp de personnes déplacées au monde. Comment se passe le travail ?
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL m’a chargé il y a un an et demi d’ouvrir la base de Tawila, au plus proche de la violence au Darfour. Depuis avril 2025, plus de 800 000 survivants, en majorité des femmes avec leurs enfants, se sont échoués ici après avoir fui El-Fasher et enduré les pires atrocités. Elles tentent de survivre, de ne pas perdre pied. Alors, depuis les premières heures de cette crise, on n’arrête pas : on distribue de l’eau par camion à 50 000 personnes chaque jour, on a équipé 26 forages, on s’est battus contre le choléra, on a distribué des kits de première urgence, du cash à plus de 60 000 familles. Et puis, on n’oublie pas celles et ceux qui n’ont pas pu arriver jusqu’au camp. Notre simple présence pourrait les protéger, alors on va vers eux pour les secourir. L’équipe est incroyable, exigeante. Ça nous a permis de faire trois fois plus que ce qu’on attendait de nous. J’ai beaucoup de chance de travailler ici. Coordinateur de terrain, c’est le plus beau métier du monde.
Photos : © SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
Soutenez nos actions sur le terrain
Je fais un don
Article publié le dimanche 28 juin 2026
52 lectures

Voir tous les produits

