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Minéraux critiques : pourquoi les États-Unis cherchent un accord au Kenya 

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Minéraux critiques : pourquoi les États-Unis cherchent un accord au Kenya 






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- --> Date de création: 20 juin 2026 17:03




Dernière modification le: 20 juin 2026 17:05





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(Agence Ecofin) - En Afrique, la compétition pour les minéraux critiques ne se joue plus seulement autour des grands producteurs. Avec le Kenya, Washington vise aussi des pays capables d’offrir des ressources, une stabilité relative et une plateforme industrielle en Afrique de l’Est.


Le Kenya se rapproche d’un accord avec les États-Unis sur les minéraux critiques, avec une condition centrale posée par Nairobi : les ressources concernées devront être transformées localement. Le président William Ruto l’a indiqué en marge du sommet du G7, en affirmant que les discussions couvrent notamment les terres rares et d’autres minerais stratégiques.


L’accord est présenté comme avancé et s’inscrit dans la volonté kényane de rompre avec le modèle d’exportation de minerais bruts. « Les minéraux seront transformés au Kenya », a insisté William Ruto, qui veut faire de cette condition un marqueur d’une nouvelle relation avec les pays occidentaux.


Un pari minier sur fond de partenariat stratégique


L’intérêt américain tient d’abord au potentiel géologique du Kenya, encore peu exploité. Le pays n’est pas une puissance minière comparable à la République démocratique du Congo, à l’Afrique du Sud ou à la Zambie, mais il dispose de ressources qui intéressent les chaînes d’approvisionnement liées aux batteries, aux technologies avancées et à la défense. Outre les terres rares, Nairobi met en avant du niobium, du lithium, du graphite, du cuivre, du nickel, mais aussi du coltan identifiés ces dernières années dans plusieurs comtés.


Cette base reste toutefois à documenter plus solidement. Le secteur minier pèse encore autour de 1 % du PIB, alors que le gouvernement veut porter sa contribution à 10 % d’ici 2030. C’est précisément cette marge de progression qui rend le pays intéressant : Washington peut y prendre position tôt, avant que les actifs miniers soient entièrement structurés par d’autres puissances.


L’accord minier ne partirait pas d’une relation vierge. Depuis quelques années, le Kenya est devenu l’un des partenaires africains les plus visibles des États-Unis. Les deux pays ont lancé un partenariat stratégique sur le commerce et l’investissement en 2022. En 2024, Washington a ensuite élevé Nairobi au rang d’allié majeur non membre de l’OTAN, un statut rare en Afrique subsaharienne.


Les minéraux critiques prolongeraient ainsi une relation déjà construite autour de la sécurité, du commerce et du financement du développement. Pour les États-Unis, le Kenya offre aussi une porte d’entrée en Afrique de l’Est, avec une position régionale forte et une diplomatie active entre Washington, Pékin et Bruxelles.


Pour l’instant toutefois, aucun montant, calendrier, entreprise partenaire ou projet précis n’a été annoncé. Le potentiel minéral du Kenya doit par ailleurs être confirmé par davantage d’investissements dans l’exploration, contrairement à d’autres pays miniers africains disposant de gisements bien identifiés.


Emiliano Tossou


Lire aussi: 24/10/2024 - Le Kenya va restreindre les exportations de minerais bruts




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Article publié le dimanche 21 juin 2026
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