La sécurité régionale durable ne peut être atteinte par des coalitions militaires extérieures ou des pressions politiques, affirme l’ambassadeur iranien à Londres
L’ambassadeur iranien à Londres, Ali Mousavi, a rejeté la lecture britannique des développements en cours dans le détroit d’Ormuz, estimant que la situation actuelle dans cette voie maritime stratégique ne s’est pas produite dans le vide et que la sécurité régionale durable ne peut être atteinte par des coalitions militaires extérieures ou des pressions politiques, selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA.
Dans une lettre adressée au secrétaire d’État parlementaire britannique aux Affaires étrangères Hamish Falconer, Mousavi a critiqué des propos tenus par ce dernier à la Chambre des communes, où Falconer avait accusé Téhéran de violer les droits de transit et avait appelé à garantir un passage sans restriction dans le détroit d’Ormuz.
La lettre fait également référence à une mission multinationale conduite par le Royaume-Uni et la France dans le détroit visant à protéger la navigation marchande.
Selon l’ambassadeur iranien, se concentrer uniquement sur les conséquences tout en ignorant ce qu’il a désigné comme les « actions agressives » récentes des États-Unis et du « régime israélien » risque de « déformer la réalité » et de compromettre les perspectives d’une diplomatie équilibrée.
S’appuyant sur le droit international et la Charte des Nations Unies, le diplomate a souligné qu’en tant qu’État côtier du Golfe Persique et du détroit d’Ormuz, l’Iran dispose d’intérêts sécuritaires « légitimes et reconnus sur le plan international ». Il a indiqué que les mesures prises par Téhéran en réponse à des menaces qu’il a qualifiées d’« extraordinaires » doivent être comprises dans le cadre de la légitime défense et de la protection de la souveraineté nationale.
L’ambassadeur a averti que l’expansion des dispositifs militaires étrangers sous couvert de sécurité maritime risquait de militariser davantage un environnement déjà fragile et de saper les efforts diplomatiques en cours. Il a estimé que la liberté de navigation ne devrait pas devenir un instrument de pression politique ou d’affrontement stratégique, ajoutant que tout dispositif sécuritaire conduit par le Royaume-Uni, la France ou d’autres acteurs extérieurs sans la participation et le consentement des États côtiers de la région serait « inacceptable ».
Mousavi a réaffirmé l’attachement de l’Iran à la diplomatie, au dialogue et à la protection du commerce maritime international.
L’ambassadeur a appelé les responsables britanniques à faire preuve de davantage de retenue et à éviter tout discours qu’il a qualifiée d’« incendiaire » susceptible d’aggraver les tensions.
La France et le Royaume-Uni ont achevé la planification opérationnelle d’une mission internationale de déminage dans le détroit d’Ormuz, destinée à sécuriser la navigation dans cette voie stratégique, selon des informations rapportées par Bloomberg. Le commandement opérationnel de cette éventuelle mission pourrait être confié à un officier français, selon BFMTV citant une source militaire, une information non confirmée officiellement par Paris.
Le quartier général serait installé à Northwood, près de Londres. Les planificateurs militaires estiment pouvoir déployer une force crédible une fois qu’un accord de paix aura été conclu entre l’Iran et les États-Unis.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait indiqué le 31 mai que cette initiative pourrait être mise en œuvre « très rapidement », précisant qu’une cinquantaine de pays avaient manifesté leur intérêt et qu’une dizaine avaient proposé une contribution concrète.
Les tensions régionales ont explosé le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran, l’Iran a riposté par des salves de drones et de missiles qui ont frappé des cibles à travers la région alors qu’il fermait le détroit d’Ormuz.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril grâce à la médiation pakistanaise, mais les pourparlers à Islamabad n’ont pas réussi à produire un accord durable. Trump a par la suite prolongé la trêve indéfiniment tout en maintenant un blocus sur les navires se rendant vers ou en provenance des ports iraniens par cette voie navigable stratégique.
Source : AA
Article publié le dimanche 7 juin 2026
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