Les nouveaux artisans du son : avec sa basse, Adi Oasis charme les âmes – RFI Musique
Avant de reprendre le cours de son concert sur la scène du festival Jazz à Juan, dans le sud de la France, Adi Oasis se tourne vers ses trois musiciens et leur montre du regard le paysage auquel ils tournent le dos, pour qu’ils puissent en profiter un court instant : « N’est-ce pas magnifique, les gars ? », demande en anglais la chanteuse bassiste, alors que les montagnes qui plongent dans la Méditerranée se découpent à l’horizon en cette fin de journée d’été sur la Côte d’Azur.
La simplicité du propos et la sincérité du ton reflètent la fraîcheur de la trentenaire, loin de toute posture artistique, mais non sans séduction – naturelle, en rien calculé. Elle fait corps avec sa musique, qui parle pour elle, à l’image du titre de son album paru l’an dernier, Lotus Glow, dont vient de sortir une édition augmentée : « Ça y est, la fleur a éclos », résume-t-elle en guise de commentaire sur son parcours. « Ça prend du temps de réaliser en musique ce qu’on a dans la tête », assure la Française expatriée outre-Atlantique, qui englobe dans sa réflexion aussi bien les enregistrements en studio que les prestations live.
Des Petits écoliers chantants de Bondy à New York
Déjà remarquée au début de la dernière décennie avec le groupe de revival disco Escort basé sur la côte Est, elle avait profité de l’expérience pour se libérer sur scène : « J’ai pu sortir le lion qui était en cage à l’intérieur de moi, qui se déchaine et aime le four on the floor, la musique dance, les tempos assez rapides. » Sa première tentative personnelle remonte à 2018, avec un album sous le nom d’Adeline, son prénom à l’état civil. En transition. La série de titres qui arrivent au moment du Covid-19 précise le propos. Avec Twilight, elle trouve son cap. « De fil en aiguille, le son se peaufine, s’affine », observe-t-elle. Quelque part entre le funk, la soul et le R&B.
Quand elle prend son destin en main une quinzaine d’années plus tôt en s’envolant pour New-York alors qu’elle vient de décrocher son baccalauréat et poursuit ses études supérieures en France, Adi sait l’aventure risquée. Mais impossible de résister à l’appel de la musique, très présente dans le milieu familial. « À tous les baptêmes et anniversaires, on chante et on danse jusqu’à six heures du matin, ça fait partie de notre culture », dit-elle en référence à ses origines martiniquaises qu’elle partage avec Ben L’Oncle soul, un cousin.
À six ans, elle intègre les Petits écoliers chantants de Bondy, une chorale d’enfants de la région parisienne souvent sollicitée par les artistes pour qu’elle les accompagne en tournée ou sur les plateaux des émissions de télévision. La jeune fille se familiarise donc avec le répertoire du Français Pierre Bachelet ou de la Capverdienne Cesaria Evora. « C’était bien pour travailler mon oreille, pour être avec des musiciens, mais la musique ne me plaisait pas du tout. Je voulais du R&B américain. J’aimais SWV, Lauryn Hill. La nu soul, qui a commencé quand j’étais ado, c’était vraiment ce qui m’allait : Erykah Badu, D’Angelo, Raphael Saadiq – d’ailleurs, j'ai travaillé avec lui après –, c’est ce que j’écoutais quand j’avais 15 ans », se souvient cette fan de Prince, référence déterminante.
La basse, une tardive révélation
Avec la guitare de son grand frère, elle commence à écrire, composer. Des balades, dans un registre qu’elle décrit aujourd’hui comme proche de celui de l’Américaine Corinne Bailey Rae, « pour donner une image, mais pas du tout à ce niveau », tient-elle à souligner. « Ça ne collait pas, j’ai toujours su qu’être sur scène avec une guitare acoustique, ce n’était pas moi. Même enceinte, j’ai essayé mais je n’y arrivais pas », confie-t-elle, amusée.
Lorsqu’elle prend une basse pour la première fois, à la demande d’un membre du groupe auquel elle appartient alors à New York, elle « sait » aussitôt que l’instrument est fait pour elle. Pourquoi ne s’est-elle pas convertie avant ? « Je n’y avais pas pensé », répond-elle, en raison « du manque d’exemple »… tout en reconnaissant volontiers que l’Américaine Meshell Ndegeocello a toujours été « [sa] bassiste préférée » !
En parallèle de ses activités de chanteuse ou choriste (elle figure entre autres sur l’album Nü Revolution des Nubians), Adi Oasis se fait rapidement une place dans le monde des instrumentistes, « de gig en gig ». « Chaque rencontre en amène une autre », explique-t-elle. Ses qualités lui valent d’être recrutée par des pointures telles que Cee-Lo Green, mais aussi Anderson .Paak ou Lenny Kravitz. « C’est ce qui payait mon loyer », reconnait la Française, qui a fini par renoncer à ses fonctions de sidewoman pour pouvoir pleinement jouer sa carte personnelle. « Pas facile, comme décision », lâche-t-elle. L’accueil réservé à Lotus Glow, qui réalise l’exploit de faire l’unanimité à l’échelle internationale, ne laisse aucun doute sur la pertinence de son choix.
Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube
La simplicité du propos et la sincérité du ton reflètent la fraîcheur de la trentenaire, loin de toute posture artistique, mais non sans séduction – naturelle, en rien calculé. Elle fait corps avec sa musique, qui parle pour elle, à l’image du titre de son album paru l’an dernier, Lotus Glow, dont vient de sortir une édition augmentée : « Ça y est, la fleur a éclos », résume-t-elle en guise de commentaire sur son parcours. « Ça prend du temps de réaliser en musique ce qu’on a dans la tête », assure la Française expatriée outre-Atlantique, qui englobe dans sa réflexion aussi bien les enregistrements en studio que les prestations live.
Des Petits écoliers chantants de Bondy à New York
Déjà remarquée au début de la dernière décennie avec le groupe de revival disco Escort basé sur la côte Est, elle avait profité de l’expérience pour se libérer sur scène : « J’ai pu sortir le lion qui était en cage à l’intérieur de moi, qui se déchaine et aime le four on the floor, la musique dance, les tempos assez rapides. » Sa première tentative personnelle remonte à 2018, avec un album sous le nom d’Adeline, son prénom à l’état civil. En transition. La série de titres qui arrivent au moment du Covid-19 précise le propos. Avec Twilight, elle trouve son cap. « De fil en aiguille, le son se peaufine, s’affine », observe-t-elle. Quelque part entre le funk, la soul et le R&B.
Quand elle prend son destin en main une quinzaine d’années plus tôt en s’envolant pour New-York alors qu’elle vient de décrocher son baccalauréat et poursuit ses études supérieures en France, Adi sait l’aventure risquée. Mais impossible de résister à l’appel de la musique, très présente dans le milieu familial. « À tous les baptêmes et anniversaires, on chante et on danse jusqu’à six heures du matin, ça fait partie de notre culture », dit-elle en référence à ses origines martiniquaises qu’elle partage avec Ben L’Oncle soul, un cousin.
À six ans, elle intègre les Petits écoliers chantants de Bondy, une chorale d’enfants de la région parisienne souvent sollicitée par les artistes pour qu’elle les accompagne en tournée ou sur les plateaux des émissions de télévision. La jeune fille se familiarise donc avec le répertoire du Français Pierre Bachelet ou de la Capverdienne Cesaria Evora. « C’était bien pour travailler mon oreille, pour être avec des musiciens, mais la musique ne me plaisait pas du tout. Je voulais du R&B américain. J’aimais SWV, Lauryn Hill. La nu soul, qui a commencé quand j’étais ado, c’était vraiment ce qui m’allait : Erykah Badu, D’Angelo, Raphael Saadiq – d’ailleurs, j'ai travaillé avec lui après –, c’est ce que j’écoutais quand j’avais 15 ans », se souvient cette fan de Prince, référence déterminante.
La basse, une tardive révélation
Avec la guitare de son grand frère, elle commence à écrire, composer. Des balades, dans un registre qu’elle décrit aujourd’hui comme proche de celui de l’Américaine Corinne Bailey Rae, « pour donner une image, mais pas du tout à ce niveau », tient-elle à souligner. « Ça ne collait pas, j’ai toujours su qu’être sur scène avec une guitare acoustique, ce n’était pas moi. Même enceinte, j’ai essayé mais je n’y arrivais pas », confie-t-elle, amusée.
Lorsqu’elle prend une basse pour la première fois, à la demande d’un membre du groupe auquel elle appartient alors à New York, elle « sait » aussitôt que l’instrument est fait pour elle. Pourquoi ne s’est-elle pas convertie avant ? « Je n’y avais pas pensé », répond-elle, en raison « du manque d’exemple »… tout en reconnaissant volontiers que l’Américaine Meshell Ndegeocello a toujours été « [sa] bassiste préférée » !
En parallèle de ses activités de chanteuse ou choriste (elle figure entre autres sur l’album Nü Revolution des Nubians), Adi Oasis se fait rapidement une place dans le monde des instrumentistes, « de gig en gig ». « Chaque rencontre en amène une autre », explique-t-elle. Ses qualités lui valent d’être recrutée par des pointures telles que Cee-Lo Green, mais aussi Anderson .Paak ou Lenny Kravitz. « C’est ce qui payait mon loyer », reconnait la Française, qui a fini par renoncer à ses fonctions de sidewoman pour pouvoir pleinement jouer sa carte personnelle. « Pas facile, comme décision », lâche-t-elle. L’accueil réservé à Lotus Glow, qui réalise l’exploit de faire l’unanimité à l’échelle internationale, ne laisse aucun doute sur la pertinence de son choix.
Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube