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L’après Tabaski et ses problèmes : Un rite qui devient de plus en plus difficile
La fièvre de la fête de Tabaski est apparemment tombée. Nous le disons à dessein car il n’en est rien en fait, eu égard aux énormes séquelles laissées par cette fête qui au fil du temps, au lieu d’être une occasion de réjouissance, est en passe de devenir un véritable calvaire pour plus d’un fidèle. Maintenant donc que tout est terminé, l’heure est au bilan. Hormis les gens fortunés, cette fête a engendré des dépenses énormes que les uns et les autres n’arrivent plus à contrôler. Contraintes sociales obligent et non plus contraintes religieuses. Et c’est là où réside le paradoxe. Car, pendant que le Coran nous demande de ne point nous endetter pour l’accomplissement de l’immolation du mouton, les pressions sociales sont telles que les pères de familles se voient obligés d’acheter le mouton sacré.Jusqu’au dernier moment, c’est à dire jeudi soir, les moutons se sont vendus très cher, malgré que les fonctionnaire de l’Etat n’aient pas perçu leurs salaires. Pourtant ce n’était pas les moutons qui manquaient. A la pratique, il s’est avéré que pour avoir un mouton répondant aux différents critères prescrits, il fallait débourser 50.000 francs. A cela il faut ajouter l’achat du bois pour la grillade dont le montant avoisine les dix mille francs pour deux à trois moutons. Avant la fête, le père de famille doit donner 10.000 à 20.000 selon les foyers pour la préparation du repas spécial de la fête. Il faut enfin prévoir une somme pouvant aller de 10.000 à 20.000 égale-ment à distribuer sous forme de « ou bonne fête» selon l’importance de ses parents, amis, alliés, connaissances et même ceux qu’on ne connaît pas. C’est dire que les dépenses sont énormes et pratiquement incompressibles, à cause du qu’en dira t-on. C’est cela qui blesse beaucoup de nigériens, alors même que la religion les met à l’abri lorsqu’on n’est vraiment pas en mesure de procéder au sacrifice du mouton. Parmi ceux que nous avons rencontré et ils sont nombreux à être dans ce cas de figure, citons Harouna B. fonctionnaire de l’Etat qui a eu à s’endetter à hauteur de 100.000 francs auprès de plusieurs commerçants et amis. " En réalité, je l’ai fait malgré moi car ma femme et mes enfants me harcelaient tous les jours jusqu’au jeudi soir où j’ai pu rassembler cette somme. Ce qui m’a permis d’acheter le mouton la nuit. C’est dommage que ce soit notre propre famille qui nous oblige à faire de telles choses. Maintenant, je ne sais même pas comment faire pour rembourser une telle somme "
Un autre fonctionnaire n’ayant pas eu son salaire, Boubacar K. a été plus modeste en s’endettant à raison de 50.000 francs " Pour faire face à toutes les dé-penses, nous a t-il confié, j’ai décidé mal-gré ce qui n’a pas manqué d’être dit surtout par des voisins plus fortunés, d’acheter un bouc d’environ 20.000 francs. Pour l’habillement des enfants, j’ai fermé les yeux en les obligeant de porter les anciens habits car maintenant il s’agit de s’adapter"
Il y a le cas plus dramatique d’un autre agent de l'Etat du nom de Habibou L. qui après s’être endetté aussi a acheté un mouton deux jours avant la fête mais qui a été volé dès la première nuit. " Ma femme et mes voisins au lieu de compatir à mon sort, ont préféré me conseiller de chercher à acheter un autre mouton. J’ai refusé en leur faisant comprendre que Dieu lui sait que j’ai eu bel et bien l’intention de sacrifier un mouton. Pour contenir la colère des enfants, j’ai été obligé de les envoyer tous chez mes parents jusqu’au dimanche au quartier Talladjé"
Au sortir de cette fête de Tabaski, il ressort que beaucoup de fidèles n’ont pas pu accomplir le rite du mouton, faute d’argent. D’autres se sont endettés jusqu’au cou et ne savent plus où donner de la tête pour rembourser leurs dettes. De plus en plus aussi, on constate aujourd’hui que bon nombre de nigériens ne s’en tiennent pas aux préceptes de l’Islam par peur de réac-tions de leur entourage. Autrement dit, nous sommes en train d’assister à une dérive d’une pratique demand
Article publié le samedi 29 janvier 2005

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