Campagne agricole 2011-2012
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Campagne agricole 2011-2012 mercredi 2 novembre 2011, par Bendré

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français Le Burkina mangera-t-il à sa faim cette année ?

La situation désastreuse de Saponé

La commune rurale de Saponé est située à 30 kilomètres de Ouagadougou. Cette commune comme la plupart cette année a été confrontée à une campagne agricole difficile. Les cultures traditionnelles comme le mil, le haricot, l’arachide vont difficilement remplir les greniers. Les cultures maraîchères qui occupaient les activités de cette population laborieuse sont moins heureuses.

Dans la commune rurale de Saponé, les champs donnent une bien triste image en cette fin de mois d’octobre 2011. Si comme à cette période, les tiges de mil croulent sous le poids des épis, elles ne le sont pas suffisamment pour donner le sourire aux paysans après 5 mois de durs labeurs. La hauteur de certaines tiges atteint à peine un mètre. D’autres n’ont même pas pu éclore. Le mil rouge est la variété qui semble avoir mieux donné. La couleur des épis indique qu’ils ne sont pas tous arrivés à maturité. Rares sont les champs où on trouve du haricot si ce n’est des gousses qui n’ont pas eu le temps de mûrir et complètement séchées. Un constat désastreux que relatent anxieusement les paysans.

Le tengsoba du village Tengsobgo confesse que tout ce qu’il a pu récolter ne pourra pas remplir un seul de ses greniers. Son ménage n’a rien pu récolter du haricot, de l’arachide qu’il a semés. Il nous fait visiter ses champs. Des membres de la famille sont en pleine récolte du mil rouge, du moins ce qui peut être récolté. Ils chargent une charrette presque pleine de cette céréale. Le tengsoba nous présente une poignée d’épis. On distingue aisément la différence de couleur qui dénote que tous ces épis ne sont pas arrivés à maturité. En temps normal, ils ne méritent pas d’être récoltés, nous fera t-il savoir. Mais la situation l’exige.

A Balamine, quelques kilomètres de Tengsobgo, toujours dans la commune rurale de Saponé, le marché bat son plein. Même si entre deux calebassées de dolo, on se taquine, les inquiétudes se dessinent sur les visages et dans les paroles quand on aborde la campagne agricole.

Yamba Nikiéma évalue ses champs à des hectares. Il affirme que seul le mil rouge a pu produire parmi les variétés de céréales qu’il a semées.

Pour Tapsoba Michel de la même localité, l’adage qui dit qu’un cultivateur récolte toujours quelque chose est vrai, mais il sera difficile de vivre de ce qui a été récolté jusqu’à la prochaine campagne.

« J’ai cultivé mais je ne sais pas comment je vais faire pour nourrir ma famille » La commune rurale de Saponé comme d’autres localités a développé des initiatives pour construire des retenues d’eaux. En plus de ces retenues, il y a des bas-fonds comme celui de Douré qui permet aux populations de s’adonner à la culture maraîchère et à celle du riz. La rareté des pluies a rendu difficile la présence d’eau dans ces retenues et bas-fonds si bien que les efforts des populations se sont révélés vains.

Le Tengsoba de Tengsobgo témoigne connaître des personnes qui ont acheté au moins 100 sacs d’engrais pour leurs rizières. Mais au finish, la moisson a été décevante. Ils ont décidé en fin de compte de récolter les plants de riz pour nourrir les bœufs.

Pour Michel Tapsoba qui combine aussi bien les cultures traditionnelles que le riz et les légumes : « La saison avait bien commencé et puis les choses ont commencé à se gâter. J’ai semé des légumes, du riz. J’ai même acheté de l’engrais. Le bas-fond est resté sec. Si ce n’est pas le mil rouge, je n’ai rien récolté comme riz ».

Marcel Ouédraogo, lui, est aux abois : « J’ai cultivé mais je ne sais pas comment je vais faire pour nourrir ma famille. J’ai semé le maïs 3 fois en vain. J’ai planté des légumes mais il n’ y a pas eu d’eau pour les arroser. Le barrage est sec ».

5 mois de durs labeurs

Cette année agricole, la pluviométrie donnait des espoirs dès l’entame de la campagne dans cette localité. Mais, par la suite, elle a été capricieuse. Si bien que les paysans ont dû semer plusieurs fois leurs champs dans l’espoir que le ciel soit généreux devant leur effort. 3, 4 fois de suite les populations ont mis des graines en terre. Certains dans leur désespoir ont dû se passer de certaines semences pour consacrer leur effort sur le mil, leur aliment de base. Pour ceux qui ont un peu de moyens, ils ont acheté des engrais, loué des tracteurs pour leur culture.

Le tengsoba dit avoir dépensé au moins 50 000 francs pour la location d’un tracteur. Les fosses fumières ont aussi mobilisé les énergies des populations. Mais le résultat est maigre. Quelles solutions leur reste t-il pour nourrir leurs famille ?

Le tengsoba, depuis quelques années, a planté des arbres dans ses champs qu’il taille périodiquement. Le bois ainsi récupéré est vendu et permet d’acheter quelques quantités de céréales. Mais cette année, avoue t-il, la générosité de ces arbres, ne lui permettra pas de faire face à la situation.

L’élevage qui permettait depuis les temps immémoriaux de pallier aux situations difficiles comme le manque de denrées alimentaires est devenue difficile en milieu rural. En effet, une nouvelle race de voleurs de bétail sans foi ni loi écume les villages dépouillant les pauvres villageois de leurs petits et gros bétails, de leur volaille.

Une chose parait sûre : « Ce sera difficile qu’on tienne jusqu’à l’année prochaine avec ce qu’on va cultiver », soutient Michel Tapsoba.

Le seul mot qui reste pour ces populations, c’est le soutien. Ce soutien, disent-elles, d’où qu’il vienne leur sera un très grand secours quand ils videront leurs greniers de leurs maigres récoltes.

Encadré

En visitant des périmètres rizicoles dans la province du Kourittenga, un de nos reporters s’est rendu, quelque part, compte du désastre qui pourrait survenir à la suite de cette campagne agricole. A peine si ceux qui ont produit des périmètres de riz pourront en récolter quelque chose. C’est une année de perte, disent-ils. Les agriculteurs sont prêts à vous conduire dans leur champ pour constater la réalité de la saison. Certains agriculteurs se préparent même à couper les pieds de riz pour en faire du foin pour leurs animaux. Il leur fallait cinq pluies pour que le riz arrive à terme !

Et pourtant, dans le document du Premier ministre portant situation de la nation, il est indiqué que la province du Kourittenga a connu une bonne saison. C’est bien possible car certaines espèces ont bien donné. D’ailleurs on apprend qu’une des périmètres visitées par le Premier ministre dans sa tournée dans les champs au Sahel est complètement perdue. Rien ne serait récolté, apprend-t-on ! On nous dira qu’il ne s’agit que le riz ! Mais il faudrait relativiser.

Il y a réelles craintes quant à la production agricole de cette année. L’agriculture occupe 80% de la population du Burkina Faso et contribue à 35% du PIB. Il est indiqué aussi que plus de 80% des ressources des pauvres va dans l’alimentation. Si les tendances sur la production agricole se confirment, le Burkina Faso fera face à une crise alimentaire. Cette éventualité n’est pas écartée par les autorités du pays. Déjà sur le marché, les commerçants hésitent à faire sortir leurs stock car redoutant une saison compromise.

Dans la région Nord du Burkina, on craint tout simplement parce que la Boucle du Mouhoun qui constitue un réservoir agricole est mal lotie cette année.

Dans le Sahel, on nous informe que les oiseaux ravageurs menacent les récoltes. Les paysans sont sur le qui-vive et sont obligés de veiller fermement sur les récoltes.

Du reste, au mois d’octobre 2011, l’ONG Afrique Verte, faisait une évaluation un peu alarmiste de la campagne : mauvaises récoltes en perspective au Niger, campagne mitigée au Burkina et au Mali. Le décor est planté. L’ONG énumère trois actions urgentes envisagées au Burkina Faso : vaste opération de production de maïs en culture irriguée qui devait permettre de mettre à disposition des populations 50 000 tonnes de céréales supplémentaires ; dispositif de vente de céréales à prix social, mis en place en collaboration avec la CONASUR ; identification des localités à risques : chaque région ou commune est invitée à identifier et à présenter un projet porté par une ou des coopératives ou groupements villageois représentatifs.

Il n’est pas sûr que ces actions puissent réduire efficacement la menace de crise alimentaire. Il faut dire qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas des statistiques et des données qui confirment ou infirment totalement une crise alimentaire. Mais l’existant fait peur ! Seulement, chacun doit attacher sa ceinture et l’Etat doit être plus imaginatif au cas le pire se produirait !!! Le pire que personne ne souhaite.

Des craintes fondées d’une crise alimentaire ?

Cette campagne a été caractérisée disons-le, par une installation difficile dans toutes les régions, et des poches de sécheresse plus ou moins prolongées au cours des mois de juin-juillet. Elle ne présage pas un lendemain meilleur pour les agriculteurs mais aussi pour les populations.

De l’analyse des autorités, la campagne agricole est mitigée sur l’ensemble du territoire. Elle s’est installée définitivement dans les régions du Nord et du Sahel dans le mois d’août ce qui a permis une intensification des opérations culturales pour espérer un bon rendement.

Les pluies se sont poursuivies normalement dans les régions de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Centre-Sud au cours du mois de septembre. Les régions du Plateau central, du Centre-Nord, la partie nord de la Boucle du Mouhoun et sud du Sahel ont connu des poches de sécheresse assez sévères durant les deux premières décades de septembre, nous a signifié le Premier ministre. Par contre, des pluies ont été observées dans plusieurs régions du pays durant la dernière décade de septembre et le début du mois d’octobre.

Le cumul pluviométrique du 1er avril au 30 septembre 2011 comparé à celui de la même période de 2010 montre que la majeure partie du pays est déficitaire. Quelques zones enregistrent néanmoins une pluviométrie excédentaire et sont localisées dans les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, de l’Est, du Sud-Ouest et des Cascades. Sur les 13 régions, seules ces 6 régions ci-dessus citées présentent une situation agricole bonne et acceptable.

Partant de ces analyses, des inquiétudes subsistent donc sur les récoltes qui risquent d’être moyennes au regard du retard constaté dans le développement des cultures céréalières. Cette situation laisse présager une insécurité alimentaire. Une chose qui ne peut qu’entraîner une hausse du prix des céréales.

A travers le document sur « l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde » co-publié par la FAO et le FIDA, ces organisations précisent que « les prix des denrées alimentaires vont vraisemblablement rester élevés et volatils. La demande des consommateurs augmentera dans les économies à forte croissance, la croissance démographique se poursuit, et toute nouvelle expansion du secteur des biocarburants exercera une pression supplémentaire sur le système vivrier ». Les hauts niveaux de prix seront avantageux surtout pour les agriculteurs qui ont un excédent important à commercialiser. Les plus pauvres achètent généralement plus de nourriture qu’ils n’en vendent, constate la FAO. Par conséquent, la hausse des prix des denrées alimentaires tend à aggraver la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition et joue sur la qualité de la vie. Autrement dit, il existe une corrélation entre la hausse des denrées alimentaires et l’insécurité alimentaire.

Si l’on veut comprendre l’importance des répercussions de la hausse des prix des produits alimentaires sur la qualité de vie, la pauvreté et la sécurité alimentaire, il convient de faire la distinction entre les vendeurs nets de produits alimentaires des acheteurs nets. Selon le document sur « l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2011 », un vendeur net de produits alimentaires est quelqu’un pour qui la valeur totale des vivres qu’il produit dépasse la valeur totale des vivres qu’il consomme, tandis que l’inverse est vrai pour un acheteur net. En général, les acheteurs nets auront à souffrir de la hausse des prix des aliments, tandis que les vendeurs nets en bénéficieront. Alors au Burkina, les pauvres consommateurs et les petits commerçants peuvent commencer à faire face à la souffrance de la hausse des prix des aliments. Ces pauvres consommateurs sont la majeure partie de la population.

Le gouvernement, du fait de la menace réelle de crise alimentaire sur notre pays et au regard des prévisions alimentaires en deçà des attentes sembler se préparer. Il prévoit la promotion de la culture irriguée. Il envisage lancer une campagne de production du maïs sur environ 9000 ha de terres irrigables à travers tout le pays. Le maïs est la 3ème céréale après le sorgho et le mil, et présente l’avantage d’avoir des rendements nettement plus importants. Il prévoit aussi la vente de céréales à prix social à travers un dispositif national de sécurité alimentaire renforcé. Enfin il envisage aussi des distributions gratuites à travers le programme national de filets sociaux, qui permet de mettre à la disposition des ménages les plus démunis, des vivres de façon gratuite.

Les prix qui inquiètent

En attendant de faire face à la crise alimentaire qui se profile à l’horizon et qui peut entraîner une hausse systématique des prix, les Burkinabè crient au secours. Ils crient parce qu’ils ne comprennent plus cette volatilité des prix des denrées alimentaires. Ils se demandent réellement ce qui se passe sans pour autant trouver la réponse. Aujourd’hui un père de famille doit débourser 18.000 F CFA pour avoir un sac de maïs de 100 kg. Pour le maïs le prix varie entre 15 000 et 18 000 F CFA sur l’ensemble du territoire. Le citoyen doit aussi dépenser 20.000 F CFA pour avoir un sac de 100 kg de sorgho et dans d’autres endroits 15 000 et 24.000 F CFA pour le sac de 100 kg du petit mil à Ouagadougou. Ce prix diffère sur les différents marchés. D’une manière générale, la tendance des prix est à la hausse à Ouagadougou et dans l’ensemble des régions du pays. Et pourtant, ce sont ces vivres qui constituent les denrées alimentaires de base de nos populations. On se demande si la crise alimentaire devrait être une réalité, on se demande si les prix des denrées ne connaîtront pas à cet effet une hausse ? Dans ce pays la réalité est tout autre. Une chose est de prendre des mesures et une autre est de s’assurer de son effectivité sur le terrain. A plusieurs reprises nous avons pu constater la non application et du non suivi de certaines mesures prises par le gouvernement.

A côté de ces denrées alimentaires, certains produits de première nécessité connaissent également des hausses et inquiètent les populations. Le riz brisure 25% importé 50 kg s’achète à 35.000 F CFA dans certains endroits et dans d’autres endroits à 38.000 F CFA dans la ville de Ouagadougou. Sur l’ensemble du territoire, le prix varie entre 35 000 et 42 000 F CFA. Le prix du kg varie entre 450 et 500 FCFA. Le sucre granulé ou en poudre est à 650 F CFA le kg et le litre d’huile alimentaire à 900 FCFA. Ces prix font peur et inquiètent les populations de Ouagadougou. Au cours de notre sortie sur le terrain, une dame nous a confié qu’elle ne sait même pas quoi acheter parmi ces vivres pour nourrir sa famille. Elle préfère se rabattre sur les pattes alimentaires qui semblent, selon elle, accessibles et moins coûteuses. On se souvient que la crise qu’a vécue le Burkina avait mis en lumière le désarroi des populations face à la vie chère. C’était pour cela qu’un certain nombre de mesures économiques et sociales pour permettre à la population de faire face au renchérissement du coût de la vie avait été pris. Les mesures portaient surtout sur les produits de première nécessité et le relèvement du pouvoir d’achat des travailleurs.

Du prix de ces produits de première nécessité, l’on pouvait retenir que le riz importé 25% brisure était à 16 000 FCFA le sac de 50 kg soit 320 FCFA le kg. Le gouvernement avait consenti subventionner la différence de 975 FCFA sur le sac et de 20 FCFA le kg. Le riz local était fixé à 15 000 FCFA le sac de 50 kg soit 300 FCFA le kg. Pour le sucre granulé ou en poudre, le kg était à 650 FCFA et l’huile alimentaire à 825 FCFA le litre. Pour ce qui est des céréales locales, aucune baisse n’avait été constatée à ce niveau.

Aussitôt la crise passée, voici de nouveau les Burkinabè en face de la réalité et de la dureté de la vie. Eux qui pensaient que la crise avait permis de régler définitivement le problème de la hausse des prix. Qui sait dans les prochaines semaines à venir si l’huile alimentaire et le sucre ne connaîtront pas une hausse vertigineuse des prix ? Qui sait encore si les denrées alimentaires aussi ne connaîtront pas le même sort dans la mesure où on annonce déjà une mauvaise récolte qui présage une crise alimentaire ?

Encadré

Le Burkina Faso est considéré comme l’un des pays les plus pauvres du monde. 45% de sa population vit avec moins d’un dollar par jour. La plupart des habitants résident dans les campagnes où ils survivent en pratiquant une agriculture de subsistance sur de petits lopins familiaux. Le maïs, le sorgho et le millet représentent 85% à 90% du régime alimentaire de base des Burkinabé, or, dans les campagnes, près de 100% de ces céréales sont consommées, ce qui en laisse bien peu pour la commercialisation. En 2010-2011, la production céréalière totale était de 4 560 574 tonnes pour 16 millions de Burkinabè. On avait enregistré une production de 1 147 894 tonnes de mil, 1 133 480 tonnes de maïs, 270 658 tonnes de riz, 1 990 227 tonnes de sorgho. Pour 2009-2010 la production céréalière totale était de 3 633 373 tonnes et de 4 358 518 tonnes pour l’année 2008-2009.

Au fil des ans, le riz est devenu l’aliment de base préféré d’un grand nombre d’habitants, en particulier en ville. Mais la production nationale ne couvre que 30% de la demande. En outre, les récoltes ont souffert des intempéries catastrophiques de ces dernières années. Confrontées à la baisse des rendements, bon nombre de familles ont puisé dans leurs stocks de semences pour se nourrir, se retrouvant démunies au moment des sémailles. Les prix de toutes les céréales sont montés en flèche en 2008. A Ouagadougou, en mai, le riz se vendait à plus du double du prix de mai 2007. Et les prix restent obstinément élevés : en février 2009, celui du riz était supérieur de 60% environ au prix observé pendant la même période de l’année précédente. Aujourd’hui encore la tendance est à la hausse malgré les mesures qui avaient été prises par le gouvernement en 2011 pour atténuer la crise. On assiste alors à la case départ et on s’en inquiète.

Par Jean Paul Bamogo


Article publié le mardi 15 novembre 2011
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