Actualités : Niger

Ouverture d'un colloque international sur : ‘'50 ans d'urbanisation en Afrique noire post-indépendance'', sous le haut patronage du Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou
Vendredi, 21 Octobre 2011 12:32  


Le Président de la République,  Chef de l'Etat, SEM. Issoufou Mahamadou, a présidé hier matin, la cérémonie d'ouverture solennelle d'un colloque international sur «50 ans d'urbanisation en Afrique noire post-indépendance réalités et perspectives''.


La cérémonie s'est déroulée au Palais des Congrès, en présence du Premier ministre, Chef du gouvernement, SEM Brigi Rafini, du 1er Vice-président de l'Assemblée nationale, M. Daouda Mamadou Marthé, des membres du gouvernement et de nombreuses autres personnalités.



 


Dans une allocution qu'il a prononcée à cette occasion, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Issoufou Mahamadou, s'est d'abord appesanti sur les différentes doctrines qui s'affrontent en matière d'urbanisme.


Toutefois, a-t-il précisé, « le constat est que le processus d'urbanisation revêt presque les mêmes formes partout en Afrique Noire et engendre les mêmes préoccupations d'organisation et de gestion de l'espace».


Auparavant, après le mot de bienvenue du vice-président du Conseil de ville de Niamey, le ministre de l'Urbanisme, du Logement et de l'Assainissement, M. Moussa Bako Abdoulkarim, s'est adressé à l'assistance. De prime abord, le ministre Moussa Bako Abdoulkarim a rappelé que, ‘' la ville a joué un rôle très important dans la connaissance de notre humanité''.


Selon le ministre en charge de l'Urbanisme, les vestiges des grandes réalisations architecturales ont souvent été les seuls témoins des civilisations antérieures. En Afrique, a précisé le ministre Moussa Bako, les villes ont presque été toujours des capitales politiques jusqu'à la colonisation qui a introduit une nouvelle vision de la ville et lui a imprimé le caractère qu'elle connaît encore aujourd'hui.


Cette influence de la colonisation sur l'évolution de la ville africaine a entraîné un double déséquilibre dans le développement des villes d'Afrique noire, a encore dit le ministre Moussa Bako qui a ajouté que la dite influence se traduit par un dualisme de l'organisation du territoire et de la ville africaine.


Le ministre en charge de l'Urbanisme a ensuite soutenu que le choix du thème du colloque vient à point nommé car, il offre l'opportunité de faire une analyse objective des réalités de l'urbanisme dans les villes d'Afrique noire de façon rétrospective et exhorte à faire une ouverture sur la vision future de l'évolution de nos agglomérations pour le bien-être des populations.


Le ministre Moussa Bako a également tenu à souligner que le faible niveau de vie des populations et les situations économiques qui restreignent les moyens d'intervention des pouvoirs publics doivent aussi nous interpeller dans nos politiques de programmation et de gestion de nos villes.


Au Niger, a ajouté le ministre, les autorités de la 7ème République ont fait des questions urbaines une grande priorité en créant son département ministériel. En outre, a rappelé le ministre Moussa Bako, la DPG du Premier ministre, Chef du gouvernement fait du développement urbain un des axes majeurs du développement économique du pays.





«Nous avons opté pour une approche globale à la fois politique, économique, sociale, culturelle et environnementale », déclare le Chef de l'Etat, SEM. Issoufou Mahamadou








« 50 ans d'urbanisation en Afrique noire », tel est le thème autour duquel universitaires, professionnels de l'architecture et de l'urbanisme, élus locaux, opérateurs économiques et société civile vont échanger trois jours durant. Les sous-thèmes relatifs aux « politiques publiques face à l'urbanisation : la fabrique de la ville africaine », aux « expériences de gestion des espaces et activités urbaines», à « la fabrique du cadre de vie », au «défi de la ville durable », à « la gouvernance urbaine » et aux « politiques urbaines, développement et intégration régionale : quelles perspectives ? », les sous-thèmes, dis-je, couvrent l'ensemble de la problématique de l'urbanisme.


Mesdames et Messieurs,


II est bien connu qu'en matière d'urbanisme s'affrontent plusieurs doctrines à travers lesquelles les opinions politiques trouvent des traductions plus ou moins complexes. En effet, l'urbanisme peut être conçu comme : outil d'une action politique volontariste, outil de développement économique, outil de création d'un paysage ordonné, moyen d'accompagner les changements de la société, moyen de définir l'identité d'un peuple ou d'une société, moyen de marquer, de son empreinte, l'histoire, etc. Vu comme outil d'une action politique volontariste, l'urbanisme met l'accent sur l'élaboration des lois, des règlements, des organismes publics chargés de la gestion de la ville, comme les sociétés foncières ou immobilières publiques ou parapubliques, ainsi que sur les modalités de participation des habitants. Ici, les enjeux politiques l'emportent sur toute autre considération et chaque action doit refléter l'objectif politique poursuivi. Les pouvoirs publics sont, dans cette perspective, les principaux maîtres d'ouvrage de toute action urbaine d'envergure.


Vu comme outil de développement économique, l'urbanisme met en avant des mécanismes économiques qui sont situés au centre du regard porté sur les villes et la société. Ces mécanismes sont considérés comme le moteur de l'évolution des sociétés et de leur environnement urbain. Ces mécanismes peuvent porter notamment sur les droits de construction, l'évolution des plans de transport ou encore les schémas des services urbains.


Vu comme outil de création d'un paysage ordonné, l'urbanisme se fixe pour objectif la mise en ordre de la société ou, à tout le moins la réduction de son caractère chaotique. Il s'agit ici d'insérer les initiatives fragmentaires dans un cadre formel, d'unifier des auto-constructeurs disparates dans un ensemble unifié. Ici, les bâtiments sont bien ordonnés, les terrains viabilisés dès le départ avec installation d'eau, d'électricité, de poubelles, d'espaces publics, d'équipements collectifs, etc.


Vu comme moyen pour accompagner les changements de la société, l'urbanisme devient un domaine d'action permettant d'adapter le territoire à des transformations socio-économiques. L'action de la ville passe ici par des organismes opérationnels, des règlements ou des conventions encadrant l'aménagement urbain dans une perspective de compromis.


Mesdames et Messieurs,


Permettez- moi de ne pas insister sur l'urbanisme perçu comme moyen de définir l'identité d'un peuple ou d'une société, ou de marquer de son empreinte l'histoire. J'ajouterai, néanmoins, que le débat sur l'urbanisme renvoie presque toujours à des choix : faut-il créer un nouveau paysage ou réaliser une opération immobilière rentable ? Faut-il privilégier la réalisation de logements sociaux ou un habitat de haut standing ? Comment gérer les urbanisations informelles et comment ordonner les villes ? Comment organiser les transports collectifs ? Comment résoudre les problèmes que pose l'assainissement des villes ? Comment réhabiliter les anciens quartiers ou les monuments historiques ? Comment sauvegarder les ensembles urbains patrimoniaux ? Comment lutter contre l'étalement urbain et comment organiser les liaisons entre les pôles d'emploi et d'habitat ? La liste des questions, sans être exhaustive, montre bien la complexité des problèmes de l'urbanisme et donc la nécessité de mener, dans ce domaine, des analyses stratégiques et de mettre l'accent sur les réflexions prospectives. La faiblesse relative de l'urbanisation de l'Afrique doit nous y inciter afin d'éviter les erreurs commises ailleurs. En effet, alors que la population urbaine mondiale avait atteint 51% environ en 2010, celle de l'Afrique est d'environ 40% et atteindra 50% en 2030. Une telle croissance traduit aisément toute la dynamique du phénomène urbain en Afrique et exige des réflexions approfondies aux plans spatial, économique, environnemental et, bien sûr, politique.


Mesdames et Messieurs,


A ce jour, le constat est que le processus d'urbanisation revêt presque les mêmes formes partout en Afrique Noire et engendre les mêmes préoccupations d'organisation et de gestion de l'espace. Il se caractérise d'une part, par une macrocéphalie qui se traduit par le poids exorbitant d'une ville, généralement la capitale du pays, au détriment des autres centres et d'autre part par un sous-équipement des centres urbains. C'est dire que la faiblesse du taux d'urbanisation de notre pays, qui est de 21% en 2010, peut être considérée comme une chance, à condition que nous soyons capables d'opérer des choix judicieux. Pour ce faire, nous avons décidé d'être pragmatique et donc de ne pas opter pour une doctrine en particulier. Nous avons opté pour une approche globale à la fois politique, économique, sociale, culturelle et environnementale. Par exemple, notre option de réaliser des logements sociaux n'exclut pas la réalisation de logements de haut standing comme notre engagement vers la modernité n'exclut pas la sauvegarde de notre patrimoine comme le prouve la démarche, en cours, d'inscrire la vieille ville d'Agadez, célèbre depuis le 16eme siècle pour son architecture, au patrimoine mondial de l'UNESCO.  Par ailleurs, notre approche implique tous les acteurs c'est-à-dire l'Etat central, les collectivités locales, le secteur privé et les populations. C'est, par exemple, pour mieux impliquer le secteur privé qu'il a été récemment adopté la loi relative au partenariat public privé qui nous a déjà permis de lancer un programme de 1000 logements sociaux, ici à Niamey. C'est donc avec l'ensemble de ces acteurs que j'envisage un important programme d'aménagement et de modernisation de nos principales agglomérations en général et de la capitale, Niamey, en particulier. En effet j'ai lancé récemment le programme « Niamey Nyala », c'est-à-dire « Niamey la coquette » afin que notre capitale reflète mieux notre identité et notre personnalité. Ce programme ambitieux contribuera, naturellement, à la relance de notre économie et créera des milliers d'emplois, notamment pour les jeunes.


Mesdames et Messieurs,


Les six axes autour desquels ce colloque s'articule me paraissent très pertinents car ils vous permettront de passer en revue les politiques, les actions, les pratiques, les enjeux, les défis et les perspectives en matière de développement urbain. Parce que mettant en interrelation l'ensemble des acteurs publics, privés et associatifs agissant au sein du secteur urbain, il peut être considéré comme le précurseur d'une nouvelle approche de la problématique du développement urbain. Cette approche est d'autant plus nécessaire que nos villes sont confrontées à la montée des revendications en matière de cadre de vie. Au demeurant, je reste convaincu que les conclusions auxquelles vous aboutirez serviront à réorienter la gouvernance des villes. C'est sur cette note d'espoir que je déclare ouvert le Colloque International sur les 50 ans d'urbanisation en Afrique noire de 1960 à 2011. Je vous remercie. »





 


Article publié le vendredi 21 octobre 2011
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