Prix des produits
mercredi 7 septembre 2011, par Bendré
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Et s’il manquait de la volonté
Le ministre chargé du Commerce Arthure Patiendé Kafando ne cesse de fulminer ces dernières semaines du fait du non respect par les commerçants des prix arrêtés lors des négociations. Gouvernement et commerçants s’étaient entendus pour baisser les prix de certains produits de grande consommation. C’était l’une des réponses apportées à la crise qui a secoué le Burkina Faso. Dans la pratique la décision " consensuelle " était de revoir à la baisse le coût des produits ciblés. Les choses sont restées en l’état. Ce qui n’est pas du goût des consommateurs. Pendant le mois de Ramadan, le sucre a coûté plus cher en certain moment jusqu’à ce que le gouvernement ramène les commerçants à l’ordre. Même cela, certains boutiquiers ont trouvé des parades pour contourner la décision.
La situation rappelle celle de 2008 où on a noté des résistances face à la décision gouvernementale de faire baisser les prix. Le gouvernement accuse les commerçants de ne pas tenir parole. Les commerçants se défendent en brandissant la règle des anciens stocks. Ils disent toujours que les prix maintenus ne concernent pas les anciens stocks importés avec toutes les taxes nécessaires. Et donc, ils n’ont pas à tenir compte des décisions de baisser le prix, car cela nuirait à leurs bénéfices. Toujours est-il que le consommateur ne tire pas profit de la situation. Rien n’indique que dans les prochaines semaines, les prix des produits de consommation ne connaîtront pas davantage d’augmentation.
Face à la résistance des commerçants à respecter les prix arrêtés, les autorités disent vouloir revoir le système de contrôle. Le système de contrôle pourrait-il empêcher les boutiquiers de quartier de manipuler les prix à leur guise ? C’est une question à répondre !
Le Burkina Faso a une économie libérale comme beaucoup d’autres pays. Cette économie libérale exclut l’interventionnisme de l’Etat. Un des membres du dernier gouvernement de Tertius Zongo avait évoqué cette réalité pour expliquer pourquoi les autorités contrôlent très difficilement le domaine de fixation des prix. A cela, il faut ajouter l’esprit ultra-libéral des commerçants. Chaque jour a son prix dans certaines boutiques de quartier. Or, il est important pour tous que les prix soient contrôlés et maintenus en rapport avec le pouvoir d’achat des citoyens. Faut-il se demander si dans un monde de plus en plus libéral et égoïste, le Burkina Faso peut maintenir les prix accessibles à tous ses citoyens ? D’aucuns diront que la mondialisation des économies ne nous autorise pas à exiger de l’exception à notre pays.
Mais la mondialisation de l’économie ne rime pas avec l’anarchie dans la fixation des prix.
Avec de la volonté et une réflexion poussée, le Burkina tout comme les autres pays d’Afrique peut rêver offrir mieux à ses citoyens. Il faut juste la volonté politique et de l’engagement de part et d’autre. C’est ici que la société civile, si elle en était vraiment une, disposant d’une base et d’une marge sociale, jouerait un rôle déterminant qui régulerait du même coup. Une société civile dynamique sait faire pression sur les gouvernants pour qu’ils organisent le marché dans une saine et transparente concurrence. Une société civile dynamique sait jouer le rôle de veille sur les échoppes qui brutalisent les consommateurs en les envoyant des signaux d’actions citoyennes fortes.
Ceci dit, si gouvernants et gouvernés veulent laisser le marché régler et réguler la vie économique, pourquoi pas ?
Jusqu’au jour ou une révolution sociale viendra frapper à la porte…
Par Bendré
Article publié le samedi 10 septembre 2011
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